“Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles.” de Jean Cocteau (Poésie critique)

Un prêtre d’origine burundaise attire des foules aux États-Unis {par Pascal Ntirampeba}

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[bleu]Un prêtre d’origine burundaise attire des foules aux États-Unis[/bleu]

<media1343|insert|left><media1344|insert|left>On l’appelle Father Ernest Biriruka. Il est originaire du Burundi et curé de la paroisse Blessed JohnXXIII à Miramar en Floride, en banlieue de Miami.

De passage dans la région, j’ai été surpris par le nombre élevé de chrétiens qui participent aux messes de ce prêtre sexagénaire venu d’ailleurs qui parle couramment cinq langues : l’anglais, l’espagnol, le français, le kirundi et le kinyarwanda, tout en se débrouillant en swahili et en italien.

Il est le premier prêtre d’origine burundaise à travailler dans une paroisse des États-Unis de manière régulière, sans être en visite ou en vacances.

Imaginez ce dernier mercredi des Cendres ! Il a célébré cinq messes à la paroisse dont deux le matin et une à midi. Les deux messes de la soirée comptaient plus de 1000 personnes. Ajoutez-y une autre au campus universitaire de Dade College. Presque le même engouement le dimanche. Il y a de quoi s’étonner surtout qu’ailleurs en Amérique du nord les églises sont loin d’être bondées.

Mais plus encore : des adorations qui durent des nuits entières, des séances de confession et de chemins de croix hebdomadaires, etc. il y a de quoi surprendre !

Même s’il avoue candidement que le séminaire ne l’a pas suffisamment préparé à gérer une paroisse et ses finances, ainsi qu’à faire face aux multiples situations sociales vécues par ses paroissiens, il a appris sur le tas. Il vient de faire construire une église flambant neuve (voir photo) en collaboration avec la communauté locale. Il est très présent dans sa communauté et dans les médias. Son carnet de rendez-vous est bien rempli : il écoute, conseille et réfère.

Son travail n’est pas de tout repos : débout dès 6 heures du matin, il n’est pas rare qu’il quitte son bureau à minuit. C’est qu’il est disponible lorsque ses ouailles le sont, et c’est généralement après les heures normales de travail. Cette disponibilité explique en partie son succès comme pasteur.

Une autre raison de son succès : mettre la famille au cœur de l’église. À l’heure où les églises n’accueillent que quelques têtes grises, la paroisse Blessed John XXIII fourmille d’enfants, une aile est réservée aux parents avec bébés. Des activités religieuses sont prévues pour les enfants selon l’âge.

Mais surtout, il sait aimer les gens, vivre leurs joies et leurs peines, faire partie de leurs vies et de leurs rêves. Il est là pour ses frères humains. Il refuse que l’on le mette sur un piédestal ; il aide même ses employés. Son but : devenir comme un frère pour ses chrétiens et en même temps servir de modèle.

Sa profondeur est surprenante sur de nombreuses questions qu’elles soient philosophiques, politiques ou sociales. Que vous soyez athée, catholique non pratiquant, jeune qui cherche encore sa voie, universitaire en questionnement, etc. vous trouverez toujours chez lui un total respect probablement lié à ce qu’il croit fondamental en chacun de nous : l’humanité (ubuntu). De ce fait, Il ne juge pas. Il accepte l’autre comme il est. Ceci est d’autant plus frappant qu’il vient d’une culture -burundaise- où le jugement est omniprésent.

Si vous passez dans la région, vous serez émerveillé par la communauté de la paroisse Blessed John XXIII. Un paroissien me disait dans son français approximatif : « merci de nous avoir donné Father Ernest ; je ne sais pas ce que je serai devenu sans lui ; je suis juif mais je prie ici ».

Et un autre disait de lui : « God has made so many of us a new family in exile. We are part of the family of God, no matter where we come from. (…) Thank you for being our pastor at Blessed John XXIII and for your hard work ». (Dieu a donné à nombre d’entre nous une nouvelle famille en exil. Nous sommes des membres de la famille de Dieu, quel que soit l’endroit d’où nous venons. Merci d’être notre pasteur à la Paroisse Bienheureux Jean XXIII et merci aussi pour votre acharnement au travail).

Pour en savoir plus
http://www.miamiarch.org/ip.asp?op=bcg_Fr_Ernest_Biriruka

Pascal Ntirampeba