La voie/voix de Francis Ngaruko, pour sortir de la crise actuelle au Burundi

La voie/voix de Francis Ngaruko, pour sortir de la crise actuelle au Burundi

En lieu et place d’une vaste conjuration destinée à renverser les institutions et à rendre le Burundi ingouvernable, d’autant plus facile à proposer que l’on se trouve dans le confort d’un pays riche, loin du terrain, voici ce que propose un homme, présent à Bujumbura, sur le théâtre des événements, Francis Ngaruko, à qui on refuse systématiquement le micro dans les médias traditionnels burundais. Sur les médias sociaux, nous devons donner de la place à cette perspective. On dirait que j’étais sur sa longueur d’ondes quand j’ai écrit mon analyse.

Note de la rédaction : le fait que nous fassions de la place à la voie proposée par Ngaruko pour sortir de la crise ne signifie pas que nous prenons position dans le débat qui déchire le parti UPRONA au sujet de son leadership. C’est à ce parti et à ses membres de trouver la solution et pas à nous. Mais il nous a semblé important de verser cette analyse dans le débat public, parce que d’autres refusent systématiquement de lui faire de la place.

Fabien Cishahayo


Déclaration

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Francis Ngaruko

1. La crise au sein du Parti UPRONA n’est due ni à une quelconque traîtrise, ni à l’ingérence du parti CNDD -FDD comme certains se plaisent à le clamer dans les médias. Ce serait plutôt une crise entre générations avec deux courants aux visions différentes : d’une part, les "aînés" , la vieille garde, avec sur leurs épaules le fardeau du rôle actif joué dans les différentes crises qui ont endeuillé notre pays, et qui souhaiteraient léguer ce cadeau empoisonné aux "nouveaux". Leur but serait d’adopter une attitude jusqu’au-boutiste avec l’espoir que le CNDD -FDD finirait par venir à eux et négocier une sorte de partage du pouvoir. D’autre part, la "nouvelle génération" qui croit fermement au changement et qui ne veut plus des "mafias" organisées à un moment critique de l’histoire de notre nation.

2. Nous appartenons à cette seconde catégorie et croyons en un dialogue honnête et franc entre l’UPRONA, le CNDD -FDD et d’autres composantes de la population/partis sur les principes et les programmes quant à la direction de notre pays, à savoir les Accords de paix d’Arusha, la bonne gouvernance, les problèmes fonciers, ainsi que la question des milices politiques. Nous souhaitons également lutter contre ceux qui souhaitent vendre l’UPRONA comme un parti uniquement Tutsi ! Notre fondateur, le regretté Prince Louis Rwagasore, rêvait d’un UPRONA unissant tous les Barundi et c’est cet UPRONA que nous voulons.

3. Notre mouvement est ouvert au dialogue sur toutes les questions portant sur la vie nationale, ainsi qu’un dialogue au sein même de l’UPRONA. C’est pourquoi nous attendons avec impatience un congrès du parti UPRONA où nous aurons un dialogue franc avec les différentes factions et où nous pourrons élire de nouveaux dirigeants qui feront avancer le Parti et le pays.

4. La nation burundaise traverse des moments difficiles et il est du devoir de chacun, avec un esprit constructif et sérieux, de s’attaquer aux problèmes importants qui détermineront l’avenir de notre pays. Les opinions radicales ne peuvent que mener à des comportements radicaux avec pour seul résultat la violence, alors que le dialogue et le compromis quant à eux, sont la seule voie vers des solutions pouvant sauver notre nation du gouffre.

Francis Ngaruko, porte-parole de Niyoyankana Bonaventure