L’Eglise catholique au milieu de la politique burundaise MESSAGE DES EVEQUES CATHOLIQUES CONCERNANT LA PAIX AU BURUNDI.

CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI

Secrétariat Général

MESSAGE DES EVEQUES CATHOLIQUES CONCERNANT LA PAIX AU BURUNDI.

NOËL 2011

“Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2,14)

Préambule

Chers fidèles du Christ, Chers Burundais et vous tous amis de notre pays, En ce temps où la paix semble menacée dans notre pays, nous, Evêques Catholiques du Burundi, ayant reçu de Jésus Christ, Prince de la paix, la mission d’être pasteurs du peuple de Dieu, nous venons encore une fois vous adresser un message concernant la paix dans notre pays.

1. C’est dans quelques jours que nous, chrétiens, allons célébrer la Fête de Noël où nous nous réjouissons et rendons grâce à Dieu pour la naissance du Fils Unique de Dieu, fait homme pour nous sauver. Au moment de sa naissance à Bethléem, les anges l’ont accueilli sous le signe de la paix en acclamant : “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2,14). De fait, il est né comme Prince de la Paix. C’est précisément cette paix que nous, vos pasteurs, vous souhaitons tous en ce temps où elle semble menacée dans notre pays. Devenus enfants de Dieu, soyons tous dociles à ce Prince de la Paix, pour qu’il nous enseigne à vivre ensemble en paix dans notre pays, le Burundi, et à être les artisans de paix partout où nous sommes et exerçons nos activités.

2. Nous le savons bien, la paix est un trésor que nous devons rechercher à tout prix et préserver partout où nous sommes, surtout nous, fidèles du Christ, qui sommes appelés à être témoins de Jésus Christ Sauveur, dans tous les secteurs de notre vie. En effet, comme nous le rappelle le dernier message de sa Sainteté le Pape Benoît XVI, l’engagement pour la justice et la paix dans la vérité est un trésor précieux (cf. Africae munus, 1). Permettez-nous donc d’élever nos voix pour vous inviter à refuser avec force la guerre et tout ce qui pourrait nous y entraîner dans notre pays. Oui, au regard de ce qui est en train de se passer dans notre pays, si nous ne nous engageons pas à faire tout ce qui est en notre pouvoir, il y a risque que notre pays bascule dans les affres d’une nouvelle guerre, alors que même les séquelles laissées par celle que nous venons de connaître sont encore vives.

Profitons des acquis de la paix pour rechercher la paix durable

3. Il serait superflu de revenir sur les malheurs causés par la guerre des années précédentes. Nous ne les connaissons que trop. Même les enfants qui n’étaient pas encore nés à l’époque, à y regarder de près, ils naissent actuellement victimes des tristes séquelles de cette guerre. N’acceptons donc pas de nous replonger dans les pleurs que nous a causés la disparition des êtres chers et des biens emportés par la guerre.

4. L’espoir de nous en sortir dans notre pays a été retrouvé par le fait que les protagonistes en conflits ont accepté de s’asseoir ensemble pour voir comment partager la gestion et les biens du pays ; renforçons cet espoir afin qu’il nous permette d’arriver à une paix durable, au lieu de revenir aux mauvais reflexes d’égocentrisme, d’exclusion et d’usage de la force.

5. Il faut reconnaître les signes qui montrent cet espoir retrouvé pour qu’ils nous servent de tremplin afin que nous allions de l’avant. Ces signes sont par exemple, le fait que les conflits d’ordre ethnique étaient en train d’être dépassés ; beaucoup de ceux qui avaient fui le pays vers l’étranger ont regagné leur patrie, et même certains déplacés intérieurs sont retournés dans leurs propriétés ; les organes dirigeants et les services de sécurité étaient en train de redevenir des organes de tous les citoyens sans exclusion ; une démocratie basée sur le multipartisme était en train de s’enraciner ; tous les partis politiques étaient reconnus et respectés ; et la liberté d’expression était en train de devenir une réalité au point que personne n’était plus poursuivi pour ses idées ; le pays était en train d’être reconstruit si l’on s’en tient à plusieurs chantiers qui s’observent ici et là (il est regrettable toutefois qu’il y ait des gens qui le fassent en profitant des vols et détournements) ; ainsi que d’autres activités de développement que chacun peut constater là où il est, et qui montrent que nous étions sur la bonne voie. Tout cela est le fruit de cette concertation qui nous avait conduits dans la voie de la démocratie. Est-ce possible qu’en voyant tous ces bienfaits, nous ayons encore envie de renouer avec la logique de la méfiance, de l’exclusion, des conflits et de la guerre ? Non et non !

6. Comme nous ne cessons de nous en rappeler dans notre Eglise en le confiant à Dieu à travers la prière des synodes diocésains, “Dieu nous a donné le Burundi, il l’a doté de beaucoup de biens qu’il nous a demandé de partager, afin qu’ils puissent nous servir pour notre vie, pour la vie de nos descendants et des générations à venir ». Ne soyons donc pas ingrats et désobéissants en voulant prendre d’autres voies que celle du partage des biens que Dieu nous a donnés à partager dans ce Burundi.

Refusons énergiquement la guerre et les tueries devenues monnaie courante dans le pays

7. Ces derniers temps, on ne cesse de parler de guerre : que ce soit du côté de ceux qui disent qu’ils se préparent à combattre, que ce soit du côté de ceux qui affirment qu’il n’y aura plus de guerre. Ce que nous devons savoir, c’est que la guerre est mauvaise, que ce soit pour ceux qui veulent la commencer ou ceux qui croient que la victoire leur est assurée. S’il vous plaît, ne nous habituons pas à la guerre. Il ne faut jamais jouer avec la guerre. A partir du moment qu’une guerre éclate, c’est un désastre qui provoque beaucoup de destructions, en emportant beaucoup de personnes humaines, pourtant toutes des créatures de Dieu. C’est pourquoi celui qui aime vraiment le Burundi et les citoyens doit éviter qu’une guerre n’éclate, et écarter tout ce qui pourrait servir de prétexte pour commencer une guerre. Une fois de plus, nous condamnons énergiquement tout recours à la voie de la guerre en politique ; nous ne le dirons jamais assez, la guerre n’a jamais apporté une véritable paix durable à un peuple. Détrompez-vous donc, la voie de la violence ne mène qu’à la mort des compatriotes sans même épargner les expatriés.

8. Ces derniers temps également, des crimes d’assassinats et tueries sont en passe de dépasser la mesure. En plus des crimes habituels, comme ceux consécutifs aux vols, aux conflits fonciers ou d’intérêts, ou aux suspicions de vouloir s’empoisonner ; le pays est aujourd’hui menacé par des crimes de sang pour des mobiles politiques et dont on accuse toutes les parties en conflits ; il s’y ajoute même un nouveau crime de disparition, où des gens sont enlevés, assassinés, jetés dans les rivières ou dans la nature en faisant disparaître toute trace, jusqu’à les mutiler au point de ne plus les reconnaître. Certains de ces crimes sont, malheureusement, mis sur le compte de certains agents des services de Renseignement National et de Sécurité Nationale.

9. Une autre chose qui mérite une attention particulière dans notre pays, c’est le fait que celui qui s’exprime pour donner des conseils, que ce soient des conseils donnés par des citoyens ou par des étrangers, au lieu que les destinataires de ces conseils en profitent pour en tirer la vérité qui y est contenue et qui pourrait les aider, il est tout simplement considéré comme ennemi qui ne veut que s’attaquer aux intérêts des destinataires. Quel dommage ! Si les choses continuent ainsi, il est à craindre qu’on ne s’engage dans une voie sans issue car, sans acceptation de l’apport des autres, n’importe quelle personne humaine finit par tourner à vide ou en rond !

10. Il est une autre chose dont il faut prendre conscience, même si on n’en parle pas souvent : c’est la peur qui risque de tétaniser le pays. D’une part, est-ce imaginaire que les dirigeants confrontés à des rumeurs incessantes faisant état de l’existence des groupes armés qui voudraient renverser le pouvoir par la force ne finissent par avoir peur ? D’autre part, lorsque des gens de l’opposition voient que certains d’entre eux sont régulièrement traqués et arrêtés pour motifs de complicité avec ces « groupes de bandits armés », ensuite emprisonnés et parfois retrouvés morts, comment s’imaginer qu’à un moment donné ils ne soient transis de peur ? Il se fait malheureusement que tout cela est une réalité. En effet des gens affirmant être responsables de ces groupes qui veulent renverser le pouvoir commencent à se déclarer ; et des gens visiblement de l’opposition sont régulièrement appréhendés pour motifs d’enquête, puis par la suite emprisonnés… Il y a donc la peur, même au sein de la population ; la preuve en est qu’il y en a qui vivent dans la clandestinité et d’autres qui fuient le pays. Or, comme on le dit : « la peur est mauvaise conseillère », celui qui a peur agit souvent maladroitement.

11. Tout cela a pour conséquences malheureuses dans le pays de générer la méfiance entre les gens ; de faire en sorte que les gens de diverses tendances commencent à se soupçonner mutuellement, et ne se disent plus la vérité. De cette manière, la voie de la paix est compromise et de toutes manières ne progresse pas, et l’on n’a plus le temps suffisant de se pencher sur les questions qui préoccupent le pays et les citoyens, parce que les politiciens qui devraient s’en occuper se distraient largement dans leurs discussions qui finissent même par inquiéter les citoyens. Ces questions auxquelles nous faisons allusion sont notamment : la pauvreté dans le pays, la lutte contre la corruption et le détournement des biens du pays, la bonne gouvernance et bien d’autres.

Comment identifier les causes de cette situation malheureuse ?

12. Au lendemain des élections communales, les politiciens se sont divisés en deux groupes, ceux qui ont accepté de continuer à participer aux élections qui ont suivi et ceux qui se sont retirés du reste des élections, accusant le Gouvernement et le parti au pouvoir d’avoir truqué les élections. Depuis lors, personne n’a plus donné crédit à l’autre. Ils ont plutôt commencé à se persécuter mutuellement, au point que certains de ceux qui s’étaient retirés des élections ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils continuent à accuser le Gouvernement avec tous les moyens possibles.

13. Même si parmi ces derniers, personne n’a jamais affirmé qu’il soutient l’usage de la force pour arriver à ses propres fins, le Gouvernement quant à lui, ne cesse de les accuser d’encourager et de protéger ceux qu’il appelle « groupes de bandits et de malfaiteurs », les taxant d’être responsables des crimes qui sont perpétrés ici et là. Pendant ce temps et suivant la même logique, ceux qui se sentent accusés ne cessent de rejeter le tort sur le Gouvernement et le parti au pouvoir en les accusant de faire toujours un montage qui dissimule la vérité du crime qu’ils commettent pour les mettre sur le dos des membres de l’opposition, afin de les discréditer pour pouvoir les combattre comme de simples « malfaiteurs terroristes ».

14. Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est qu’il est souvent difficile de connaître les auteurs de ces crimes, surtout que ceux qui sont chargés de mener les enquêtes, ils annoncent toujours les avoir commencées, sans souvent dire s’ils les ont conclues. Ce qui semble évident, c’est que les exécutants de certains de ces forfaits sont poussés par ceux qui combattent pour le pouvoir, les uns voulant s’y maintenir, les autres voulant le conquérir.

15. Ce que nous constatons également est que cette guerre pour le pouvoir a une caractéristique particulière. Pendant que les uns affirment que le pouvoir leur a été donné par les citoyens en passant par les urnes et que par conséquent ils doivent le maintenir jusqu’à ce que ceux qui le leur ont donné le leur retirent, les autres les accusent d’avoir volé les élections et de surcroît de se livrer à la mauvaise gouvernance. Mais à y regarder de plus près, même si tous brandissent la carte de visite de défense de la démocratie, en réalité, la plupart sont préoccupés par la recherche du pouvoir en vue d’assouvir leurs intérêts égoïstes. Au lieu que la plupart donnent l’impression de rechercher uniquement leurs propres intérêts, ceux qui ont la responsabilité du pays devraient récompenser les citoyens qui leur ont donné ce pouvoir par une bonne gouvernance et une préoccupation constante du bien commun, et les autres dits de l’opposition devraient avoir le souci de faire des critiques constructives allant dans le sens de la paix.

16. Nous pensons que l’origine des maux qui affligent notre pays est à chercher dans tout cela.

Et alors, quel remède ?

17. Il faut respecter le pouvoir tel qu’il a été issu des élections ; mais les dirigeants doivent savoir que le salut durable d’un pays comme le nôtre qui a souffert les épreuves que nous connaissons, ne se trouve que dans l’ouverture d’un espace politique suffisant, où tout le monde puisse avoir l’occasion de contribuer à la recherche et à la consolidation de la paix.

18. La voie de la guerre, même quand elle donne l’illusion d’atteindre des résultats, ne peut en aucun cas conduire à une paix durable. Ceux qui préconisent la guerre, que ce soit ceux qui veulent la provoquer ou ceux qui l’attendent de pied ferme, qu’ils renoncent à cette voie. Pour le bien de la nation et des citoyens, il faut plutôt que tous s’engagent à éloigner tout ce qui pourrait provoquer une autre guerre parce que, si la guerre éclate, ce sont les citoyens qui en paient les conséquences fâcheuses.

19. Pour ce faire, il faut organiser sans tarder un vrai dialogue, qui accorde la parole à tous les politiciens en y incluant ceux de l’opposition, au sein d’une structure de consensus, mais dans le respect des acquis des Accords d’Arusha et de la Constitution de la République.

20. Pour que cela soit possible, il faut que le Gouvernement reconnaisse l’existence et la nécessité de l’opposition dans le pays pour que le processus de paix et de la démocratie soit possible. Quant à l’opposition, il faut qu’elle évite tout blocage ; qu’elle reconnaisse le bien quand il est accompli par le Gouvernement ; et qu’elle se mette ensemble avec les autres dans la recherche des voies et moyens pour consolider le processus de paix dans le pays.

21. Etant donné qu’au sein des services de sécurité nationale et ceux de Renseignement National il y a des personnes qui, ces derniers temps sont régulièrement pointées du doigt par la population, les accusant d’être responsables des maux qui l’accablent ; il faut que les responsables de ces services s’en occupent davantage, pour ne pas porter préjudice à la nation.

22. Que les tueries et les disparitions forcées des personnes pour des motifs politiques cessent sans délai. De même, que cette pratique de suspecter les personnes et de les arrêter en vue des enquêtes se déroule dans le respect de la dignité de la personne et des lois de notre pays, pour ne pas continuer à alimenter au sein de la population la suspicion et la peur qui vont jusqu’à contraindre quelques-uns de prendre le chemin de l’exil.

23. Les criminels déjà identifiés et pointés du doigt par les citoyens comme tels, même s’ils appartiennent au parti au pouvoir, qu’ils soient repris sérieusement ; et en cas de récidive, qu’ils soient punis conformément à la loi, ainsi ils ne pourront plus se venter devant les citoyens qui les ont dénoncés comme s’ils étaient au-dessus de la loi.

24. Que les juges fassent preuve qu’ils appartiennent à une magistrature qui jouit de l’indépendance et agissent en conséquence. Que l’impunité soit bannie et cela à travers la conclusion des enquêtes qu’on annonce qu’elles ont déjà commencé et à travers le jugement de ceux qui sont accusés des meurtres, de la corruption et d’autres crimes.

25. Il faut que le processus de désarmement des populations civiles soit poursuivi jusqu’ au bout et qu’il n’y ait plus de redistribution des armes au sein de la population. Que les jeunes appartenant aux partis politiques cessent d’être employés comme des milices, car cela crée des divisions au sein de la jeunesse et lui fait croire que l’homme ne vaut que la force de son muscle ! Partout où cette expérience a été faite, le pays a fini par tomber dans le gouffre.

26. Il est impérieux que les programmes : de la bonne gouvernance, de la promotion de la dignité de la personne humaine et de ses droits, de la lutte sans pitié contre la corruption, la malversation économique et le détournement des deniers publics, produisent des résultats concrets et convaincants. De plus, il faudrait que ceux qui, parmi les mandataires publics, sont soupçonnés d’enrichissement illicite aient l’occasion de bénéficier des services d’enquête pour ne pas continuer à être victimes des suspicions injustes.

Chers Frères et Soeurs dans la foi : “Vous êtes le sel et la lumière du monde” (Mat 5, 13.14)

27. Heureux qui écoute et exécute ce message ! Ce message est adressé à tous les Burundais, croyants et non croyants. Toutefois, nous interpellons tous ceux qui croient au Christ, Fils de Dieu, de lui réserver un accueil particulier. Ce Fils de Dieu, dont nous allons prochainement célébrer la naissance, c’est Lui qui nous a dit : « Vous êtes le sel de la terre », « Vous êtes la lumière du monde » (Mat 5, 13.14). C’est Lui aussi qui nous a laissé cette béatitude : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mat 5,9). Devenus fils et filles de Dieu, frères et soeurs du Christ par la nouvelle naissance dans le baptême, soyons-en témoins effectivement, en imitant justement ce Christ qui est venu en enseignant la paix et qui s’est toujours comporté en artisan de paix.

28. Vous tous, fidèles du Christ, spécialement vous qui oeuvrez dans le monde de la politique, que ce soit dans le pays ou à l’étranger, soyez fidèles au Christ et à vos engagements chrétiens, sans complexe ni honte de votre foi, comme vient de vous le demander d’ailleurs Sa Sainteté le

Pape Benoît XVI dans la récente exhortation apostolique en ces termes : « Ayez une présence active et courageuse dans le monde de la politique….Que cette présence soit sans complexe ni honte, fière et consciente de la précieuse contribution qu’elle peut apporter au bien commun » (Africae munus,131).

29. Rappelez-vous toujours que parmi les piliers de la paix, il y a la vérité et la justice. Cessez de refuser la vérité ou de la travestir en confondant le bien et le mal, parce que la justice et la paix s’embrassent (Ps 85,11). Bien plus, soyez vraiment les garants de la justice, rendez justice à tout le monde dans vos engagements publics ou privés car, comme nous l’enseigne de nouveau le Saint Père Benoît XVI, la paix qui s’obtient sans la justice est illusoire et éphémère (cf. Africae munus, 18). Mais souvenez- vous toujours qu’il y a, par-dessus tout, l’amour, car l’amour est le lien parfait qui rend possible la paix (Col 3, 12-15). Comme nous le dit Saint Paul, « Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le Zèle à propager l’Evangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu » (Eph 6, 14-17).

30. En ces temps-ci, nous, vos pasteurs, vous invitons à redoubler d’effort en priant, en faisant le jeûne et en accomplissant les oeuvres de charité, pour demander la paix en faveur de notre pays. Nous vous fixons le rendez-vous du 29 Décembre 2011, pour que dans tous nos lieux de culte, nous puissions nous rencontrer autour de la prière d’adoration du Saint Sacrement, en mémoire d’un artisan de pays connu dans notre pays, le Nonce Apostolique, Michael A. Courtney, qui fut assassiné à cette date en 2003.

31. Nous terminons ce Message en souhaitant à tous et à toutes, les joyeuses fêtes de Noël et du Nouvel An 2012. Que le Roi de la Paix naisse dans vos coeurs, dans vos familles et dans tout le pays, afin que nous puissions sentir pour toute cette année, que ce Roi de la Paix nous aide à cheminer sur la voie de la paix dans ce pays que le Seigneur nous a offert en cadeau.

Que Dieu : le Père qui nous a envoyé le Sauveur, le Fils qui s’est fait homme et a habité parmi nous et le Saint- Esprit qui nous illumine, vous bénisse et bénisse notre pays, le Burundi. Que la Vierge Marie, Reine de la paix, prie pour nous. Fait à Bujumbura, le 8 Décembre 2011, en la Solennité de l’Immaculé Conception de la Vierge Marie.

Signés : Vos Evêques : (Texte original en Kirundi)

X Gervais BANSHIMIYUBUSA Evêque du Diocèse de Ngozi et Président de la CECAB
X Venant BACINONI Evêque du Diocèse de Bururi et Vice-Président de la CECAB
X Simoni NTAMWANA Archevêque de Gitega
X Evariste NGOYAGOYE Archevêque de Bujumbura
X Joachim NTAHONDEREYE Evêque du Diocèse de Muyinga
X Bonaventure NAHIMANA Evêque du Diocèse de Rutana
X Blaise NZEYIMANA Evêque du Diocèse de Ruyigi
Monseigneur Théogène MURWUWUNDI Vicaire Général de Bubanza