Gatumba : le communiqué du Conseil National de Sécurité. Médias et société civile se réservent de commenter

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Gatumba : le communiqué du Conseil National de Sécurité. Médias et société civile se réservent de commenter

IWACU
Par La Rédaction
Mercredi 21 septembre 2011

Deux jours après le carnage de Gatumba, voici le contenu du communiqué de ce 20 septembre du Conseil National de Sécurité, l’organe qui assiste le chef de l’Etat en matière de sécurité. La société civile et les médias promettent d’en livrer le commentaire ce jeudi.

La nuit était avancée quand le ministre de l’Intérieur est apparu sur les écrans des spectateurs de la Radio Télévision Nationale du Burundi - RTNB pour annoncer les conclusions du Conseil National de Sécurité. La séance extraordinaire de plus de cinq heures a été présidée par le Président de la République, qui a annulé sa participation à l’Assemblée Nationale des Nations Unies. Étaient présents les ministres en charge de la Défense, de la Sécurité Publique, de l’Intérieur, des conseillers à la présidence ou encore des représentants des confessions religieuses.

Rappelant « qu’il n’y pas de guerre au Burundi », M. Nduwimana a tenu a définir la nature des actes commis à Gatumba : « Des crimes contre l’humanité » dont « les auteurs doivent être considérés comme des terroristes ».

Auparavant, il s’était réjoui de l’attitude du peuple burundais qui a surmonté l’épreuve de Gatumba « dans la solidarité et l’unité » ; félicitant « le gouvernement pour son soutien aux familles endeuillées », avant d’exprimer « la gratitude à l’endroit de la communauté internationale pour sa solidarité et la sympathie manifestées dès la commission de ces actes ignobles jusqu’à ce jour ».

Et de déplorer « le comportement de certains politiciens et certains médias qui voudraient profiter de cette situation pour semer la confusion, diviser la population et l’inciter à la confrontation », un comportement « qui pourrait désorienter la communauté tant nationale qu’internationale et brouiller les enquêtes déjà en cours ».

Et de ce fait, une série de mesures ont été émises (reprise intégrale du communiqué) :

> Au gouvernement :
- de prendre toutes les dispositions pour renforcer la sécurité des populations éprouvées et de la population burundaise en général et par là, rassurer la sécurité des personnes et des biens
- interdire à tous les organes de presse de publier, commenter ou faire des analyses en rapport avec tous les dossiers en cours d’instruction pour le bon déroulement des enquêtes en rapport avec le carnage survenu en zone Gatumba. Cette recommandation vaut également sur les autres dossiers en cours d’instruction
- effectuer des descentes sur le terrain pour tranquilliser la population et l’inviter à jouer pleinement son rôle dans la sauvegarde et la consolidation de la paix et de la sécurité

> Au Conseil National de la Communication : de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que les activités des organes de presse ne constituent pas une entrave au bon déroulement des enquêtes judiciaires

> Aux médias et aux organes de presse :
- de s’abstenir de toute communication pouvant compromettre la paix et la sécurité
- de s’abstenir de publier, commenter ou faire des analyses en rapport avec tous les dossiers e cours d’instruction

> Aux partis politiques, aux organisations de la société civile :
- de se garder de tout fait traumatisant la population dans les débats politiques en adoptant un discours constructif et respectueux des valeurs d’unité nationale et de réconciliation des burundais
- d’user de l’esprit patriotique pour s’abstenir de tout acte qui favorise les meneurs de la menace sécuritaire dans le pays

> A la population : de redoubler de vigilance et renforcer la collaboration avec tous les autres partenaires intervenant en matière de sécurité.

> A la Communauté Internationale :
- de condamner sans équivoque, ces massacres et leurs auteurs
- de contribuer à la découverte de la vérité, de poursuivre son assistance au Burundi dans son processus de stabiliser, de développer le pays dans tous les secteurs de la vie nationale
- en vu de renforcer la promotion et le respect des droits de l’homme au Burundi, de soutenir de l’opérationnalisation de la Commission Nationale des Droits de l’Homme au Burundi

Ce mercredi, le ministre Nduwimana a convoqué certaines organisations de la société civile pour expliquer le contenu de la déclaration ainsi livrée. Pacifique Nininahazwe (FORSC) a exprimé sa compréhension de la démarche du gouvernement, avant d’indiquer que les organisations de la société civile allaient s’exprimer clairement sur le contenu du communiqué du Conseil National de la Communication après de plus amples explications promises par le ministre de l’Intérieur.

Quant aux médias burundais, dont certains sont pointés du doigt par M. Nduwimana, réunion urgente ce matin pour arrêter une position commune face à la ligne recommandée par le Conseil National de la Communication et qui sera vraisemblablement mise en application par les différents organes interpellés, dont le Gouvernement et le CNC. Estimant que « ce n’est pas le moment des polémiques, par respect au deuil que le Burundi observe en hommage aux victimes de Gatumba », Innocent Muhozi, président de l’Observatoire de la Presse Burundaise (OPB) a affirmé que les médias burundais s’exprimeraient demain jeudi.

Source : Iwacu