Actualité burundaise du 19 octobre 2011

A la Une

- Justice :
1. La commission chargée de faire la lumière sur les massacres de Gatumba (province Bujumbura) a déposé son rapport ce mardi 18 octobre 2011 à qui de droit. Dans un communiqué de presse publié ce 19 octobre, le procureur général de la République indique que les conclusions de ce rapport ont été immédiatement transmises au parquet de la République en province de Bujumbura. Ce dernier doit dans les prochains jours saisir la juridiction compétente afin de traduire en justice les auteurs et les complices déjà appréhendés pour qu’ils soient sanctionnés conformément à la loi. Selon le même communiqué, la traque contre les auteurs et complices non encore appréhendés continue. Rappelons que cette commission avait été mise sur pied après les massacres de Gatumba du 18 septembre qui ont emporté 39 personnes ; (Bonesha FM, RPA, Radio Nationale, Rema FM)
2. Les magistrats réunis au sein du syndicat des magistrats du Burundi (SYMABU) ont de nouveau arrêté le travail dès ce mercredi pour une durée indéterminée. Ces magistrats indiquent que leurs revendications n’ont pas encore trouvé une issue favorable. Selon le président du SYMABU, Jean Claude KABERA, les magistrats réclament la mise en exécution du compromis qui a été signé entre la délégation syndicale et la commission ministérielle. Il signale que l’autorité du ministère de la justice s’est réunie avec la délégation syndicale ce lundi le 17 octobre mais qu’aucune solution n’a été trouvée aux problèmes des magistrats. Parmi les préalables, figurent la prime de rendement supprimée en 2007, l’application du statut des magistrats qui date de 2000, la carrière des magistrats qui n’est pas encore débloquée et le salaire du mois de septembre qui a été retiré illégalement. Le ministère de la justice affirme que les revendications des magistrats sont fondées mais que le gouvernement se heurte aux difficultés liées au manque de moyens ; (Bonesha FM, RPA, Radio Nationale)
- Santé : Plus de 5% des patients opérés sont atteints des infections postes opératoires. Elles sont dues à l’utilisation du matériel non stérilisé et des bloques opératoires non adaptés ainsi que des médecins et infirmiers qui portent des habits non stérilisés. Le professeur Gabriel NDAYISABA, président de l’association burundaise des chirurgiens l’a déclaré ce mercredi au cours du 5ème congrès de deux jours sous le thème principale "Infections en Chirurgie". Selon le professeur Gabriel NDAYISABA, l’ABUC veut minimiser à zéro les risques d’infections postes opératoires ; (Bonesha FM, RPA, Radio Nationale)
- Education : Environ 218 enseignants du primaire ont été recrutés par la commission provinciale du recrutement dans la province Bururi sur un totale de 2056 demandeurs d’emploi dans cette province qui avaient déposé leurs dossiers. Cependant, la province Bururi reste dans le besoin de plus de 140 enseignants du primaire. Notons que le critère de l’ancienneté des diplômes a été priorisé. (Bonesha FM, Radio Nationale, Isanganiro)
- Viol : Une fillette de 11 a été violée la nuit de dimanche dernier au quartier Gasanda de la ville de Ruyigi. Le présumé auteur du viol est un policier du commissariat de police à Ruyigi. Il a été arrêté. La fille reçoit des soins intensifs ; (Radio Nationale, RPA)
- Sécurité : 12 personnes dont 2 Congolais ont été arrêtées lors d’une fouille perquisition de la police au chef-lieu de la Province de Cibitoke. Des tenues militaires ont été également trouvées chez un ancien militaire mais ce dernier n’a pas été arrêté. Le Commissaire de la province de Cibitoke indique que ces policiers étaient à la recherche des irréguliers au quartier social tout en précisant que ces opérations seront étendues aux autres communes de la même province ; ( Radio Nationale, Isanganiro)
- Commerce : Le Syndicat Général des Commerçants du Burundi (SYGECO) a organisé une conférence de presse ce lundi dans laquelle il s’inscrit en faux contre la validation des textes du projet de loi relatif au concordat judiciaire d’une entreprise en difficulté et celui relatif à la faillite. Selon le vice-président de ce syndicat, Martin SINDARUHUKA, ce projet de loi favorise l’élimination d’une entreprise en difficulté au lieu de lui apporter de l’aide. Le syndicat est aussi contre la mise en place d’un comité de gestion et de surveillance dont le commerçant ne fait pas parti alors que c’est lui le premier concerné. En plus, ce projet ne prend pas en compte les difficultés causées par les tierces, l’Etat ou les banques à l’entreprise en difficulté ; (Bonesha FM, Rema FM, Isanganiro )

- Intégration régionale : Le Burundi a fait des avancés dans son entrée à la Communauté Est Africaine. Ce constat a été fait lors d’une réunion de sensibilisation sur l’intégration régionale tenue à Makamba par le ministère burundais à la présidence chargé des affaires de cette communauté à l’intension des gouverneurs et des administrateurs. Les barrières non tarifaires sont les principaux obstacles au 2ème étape de l’intégration. Selon la ministre Afsa Mossi, le protocole sur le marché commun suppose la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux, des services et des droits de résidence. Néanmoins, l’office burundais des recettes (OBR) et l’administration communale sont pointés du doigt dans la problématique de ces barrières non tarifaires. Des cas illustratifs sont la non disponibilité des certificats d’origine sur les frontières, la double taxation par l’OBR et l’administration communale. Le manque des bureaux de l’OBR au poste de frontière de Makamba et Kirundo constitue également un autre obstacle. (RPA, Isanganiro)

Bonesha FM (96.8 FM)

- Médias : Le président de l’Union Burundaise des Journalistes (UBJ) indique qu’il n’a pas encore vu le projet de loi régissant la presse au Burundi qui se trouve au niveau du gouvernement. Alexandre NIYUNGEKO s’étonne que ce projet de loi ait été élaboré sans consulter les différents organes de presse. Selon le président de l’UBJ, cette loi devrait se conformer à la constitution burundaise et au code pénal. Signalons que la loi sur la presse date de 2003 alors que la constitution burundaise est de 2005. Le code pénal a été également révisé ;
- Economie : La province Mwaro est parmi les cinq provinces les plus menacées par la famine et l’insécurité alimentaire. Le gouverneur de cette province, Diomède NGOMIRAKIZA, fait savoir que les causes sont une faible production agricole suite au taux élevé d’occupation des terres fertiles par des habitants et le manque de partenaires dans ce secteur. Il interpelle les natifs de Mwaro, le gouvernement et les partenaires de s’investir pour sauver la population ;
- Droits de l’hommes : Entre 40 et 50 personnes dont deux Rwandais et un Tanzanien sont emprisonnées dans un conteneur de quatre mètres sur deux et demi au chef-lieu de la province Mwaro. Le représentant de l’APRODH antenne Mwaro, WAKANA Laurent, déplore cette situation. Il indique que ces prisonniers peuvent y loger pendant plus de trois mois. Il demande à ce que les autorités pénitentielles construisent une autre maison de détention conforme aux normes du respect des droits de l’homme.

Radio Nationale (92.9 FM)

- Justice : Le mouvement de grève des magistrats entamé ce mercredi a été largement suivi en Mairie de Bujumbura. Seul le service minimum est assuré, une situation qui mette en mal les justiciables. La même situation prévaut dans les juridictions de l’intérieur du pays.

Rema FM (88.6 FM)

- Sécurité :
1. Le ministère de la sécurité publique remercie et encourage la collaboration des autorités de l’Université du Burundi et des représentants des étudiants à l’instar du reste des citoyens qui ces jours-ci dénoncent les criminels en général et les détenteurs d’armes en particulier et les caches d’armes. Dans un communiqué de presse sorti par ce ministère, ce ministère indique que la fouille perquisition opérée à l’Université du Burundi ce dimanche était régulière car ayant été autorisée par le parquet de la République en Mairie de Bujumbura et par le recteur de l’université du Burundi et aucune des victimes n’a été touchée par une balle mais par des effets des gaz lacrymogène ;
2. Deux jeunes garçons qui seraient membres du FNL d’Agathon RWASA ont été arrêtés en zone Gasave, commune Buhinyuza, (province Ruyigi) ce mardi et sont emprisonnés aux cachots de cette commune. Des sources policières indiquent qu’ils sont originaires de la province Cankuzo ;
- Démographie : L’apport de tout burundais pour une démographie responsable est nécessaire afin d’assurer une bonne santé à toute la population. Cela a été dit dans une réunion tenue à Ngozi entre la première Dame Denise NKURUNZIZA, des responsables religieux, des administratifs à la base des provinces Kayanza Ngozi, Muyinga et Kirundo. Cette réunion a été initiée par le FNUAP qui a promis de soutenir le Burundi dans la planification familiale.

Isanganiro (87.9 FM)

- Sécurité : Des coups ont été entendus vers 19 h à la prison centrale de Rumonge (province Bururi). Selon Paul MIREREKANO, directeur de cette prison, c’était des coups tirés en l’air par des policiers gardant la prison pour éviter l’évasion de certains prisonniers ;

- Religion : Une confusion s’observe au niveau de la direction de la communauté islamique du Burundi (COMIBU). Le nouveau représentant n’a pas accès aux documents et bureaux de cette communauté car SADIKI KAJANDI, l’ancien représentant qui a été destitué par le Conseil Supérieur des Cheiks le 11 septembre 2011, fait un bras de fer. Aluna NKUNDUWIGA, représentant ai de la COMIBU, tranquillise les fidèles musulmans. Il exhorte le Ministère de l’intérieur a régler la situation et à trancher puisque sans reconnaître explicitement SADIKI KAJANDI, le ministère ne nie pas non plus la décision prise par le Conseil Supérieur des Cheiks de le destituer .Il souligne que le ministère n’est pas là pour organiser la COMIBU comme système religieux mais il doit lire et faire respecter le lois qui les régissent ;

- Education : Le Professeur Paul NGARAMBE, chargé du programme éducation au bureau de l’UNESCO à Bujumbura, indique que la gratuité de l’inscription à l’école ne suffit pas à elle seule pour que tous les élèves soient à l’école. Pour lui, cette mesure devrait être accompagnée d’une série d’autres puisque certains écoliers souffrent de la faim, du manque d’outils scolaires, de l’éloignement des écoles par rapport à leur domicile, ce qui les pousse à abandonner l’école.

RPA (93. 7FM)
- Sécurité :
1. Quatre militants du FNL fidèle à Agathon RWASA sont incarcérés depuis 40 jours aux cachots du parquet de Mwaro. Ils sont accusés de complicité avec des groupes armés. Les charges contre eux ont été changées et ils sont actuellement poursuivis pour tentative d’assassinat ;
2. Certains agents de la police de roulage harcèlent les conducteurs de motos quand ils sont interpellés pour montrer les documents. Ils leur tendent des cordes pour les stopper et les victimes sont leurs clients qui sont blessés et dont les habits sont déchirés. Le porte-parole de la police, dénonce ce comportement car les policiers ont été formés pour appliquer les méthodes de stopper les conducteurs ;
- Justice :
1. Arrestation le matin de ce 19 octobre d’un coopérant allemand par la police burundaise. Il est poursuivi pour tentative d’assassinat. La police indique que son arrestation est liée à un conflit entre lui et son ex patron à la GIZ avant son licenciement. Elle signale également que les enquêtes continuent ;
2. Sept Burundais originaires de la commune Buusoni (province Kirundo) sont emprisonnés au Rwanda pour fraude d’engrais chimiques depuis deux semaines. Selon la police de l’air, des frontières et des étrangers (PAFE) à Kirundo, les autorités burundaises ont demandé à ce que ces personnes leur soient remises mais la justice rwandaise indique qu’elle poursuit les enquêtes. Sur cette même frontière, entre le Rwanda et le Burundi à Kirundo, les voyageurs burundais se plaignent que les autorités rwandaises n’acceptent pas les laissez-passer provisoires comme documents de voyage ;
3. La décision du tribunal de grande instance en Mairie de Bujumbura selon laquelle il est incompétent dans l’affaire François NYAMOYA cache d’autres visés selon Pierre Claver MBONIMPA, président de l’APRODH. Pour le président de l’APRODH, Me François NYAMOYA est poursuivi non pour une infraction commise mais pour des raisons politiques ;
- Gouvernance : Certains membres du conseil communal de Rohero s’inscrivent en faux contre les mesures d’attribution des espaces de construction des kiosques dans le quartier asiatique. Ces mesures sont prises par l’administrateur de la commune Rohero et le Maire de la ville de Bujumbura. Selon ces membres du conseil communal, ces autorités devancent la loi sur la décentralisation des communes urbaines qui entreront en vigueur l’année prochaine. Ils signalent qu’il y a le manque de principe de la compétition.

Alexandre NIYUNGEKO