Violations des droits de l’homme en République Démocratique du Congo de 1993-2003 Version française du rapport des Nations-Unies incriminant le Rwanda

Des exactions commises en République démocratique du Congo (RDC) par les rebelles congolais et l’armée rwandaise pourraient être qualifiées de génocide, dit un rapport du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’Onu.

Ce rapport, dont l’Onu a cependant fait valoir qu’il n’était qu’un projet et comportait des éléments "faux" après sa publication dans le quotidien français Le Monde, est particulièrement accablant pour le Rwanda.

Le quotidien français s’est attiré les foudres des Nations unies pour avoir rendu compte de ce document de 545 pages dans une version présentée comme quasi définitive, qui fait état de tensions entre Kigali et les Nations Unies en raison de son contenu.

Un spécialiste de la République démocratique du Congo a expliqué que la mention de l’accusation de génocide dans la version finale du rapport divisait les diplomates et que le Rwanda avait menacé de retirer ses troupes de maintien de la paix du Darfour.

Le nombre de victimes des crimes commis entre 1993 et 2003 dans la région des Grands Lacs, en Afrique centrale, est incertain, mais il dépasse le million.

Selon ce rapport, que Reuters a pu consulter à son tour jeudi, "les attaques systématiques et généralisées (contre les Hutus réfugiés en RDC) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide".

La Cour pénale internationale, compétente pour les crimes commis après sa création en 2002, n’est pas compétente pour juger ces faits remontant à la première guerre en RDC (1996-97).

Le Haut-Commissariat s’en remet à "la nécessité de créer de nouveaux mécanismes" judiciaires pour "briser le cercle de l’impunité".

LE COURROUX DE KAGAMÉ

Le rapport incrimine huit pays pour les crimes commis entre 1998 et 2003, lors de la deuxième guerre du Congo, notamment l’Angola, dont l’armée régulière aurait profité de sa présence en RDC pour renforcer sa répression à l’encontre des populations de l’enclave de Cabinda, située dans le Bas-Congo.

Mais c’est le Rwanda, où le génocide de 1994 contre les Tutsis et Hutus modérés a fait 800.000 morts, qui, selon Le Monde, fait le plus pression sur l’Onu pour que ce rapport ne soit pas publié en l’état.

L’utilisation du mot de "génocide" contre les Hutus qui ont fui le Rwanda après les massacres et ont été poursuivis en RDC par le nouveau pouvoir rwandais, aurait suscité le courroux du président Paul Kagamé, homme fort de Kigali depuis 1994.

La version définitive du rapport doit être présentée la semaine prochaine mais les termes à y inscrire font encore débat, notamment parce que le mot "génocide" pourrait ébranler le régime rwandais alors que Kagamé, réélu ce mois-ci avec 93% des voix, est très contesté par l’élite tutsie.

Pour Jason Stearns, auteur et spécialiste du Congo, "l’allégation selon laquelle l’armée rwandaise pourrait s’être rendue coupable de génocide contre les réfugiés hutus ternira grandement la réputation d’un gouvernement qui se prévaut d’avoir mis fin au génocide contre les Tutsis au Rwanda".

Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’Onu, a par ailleurs déploré la publication du document par Le Monde.

"C’était un projet, pas la version finale", a-t-il déclaré à Reuters à Genève. "Nous avons dit au Monde que la version finale, officielle serait publiée très rapidement. Nous sommes extrêmement déçus qu’ils aient continué à publier cette version alors qu’ils savaient que ce n’était pas le rapport définitif."

Avec Stephanie Nebehay à Genève, édité par Grégory Blachier

Source : http://fr.news.yahoo.com/4/20100826/tts-congo-guerres-rapport-tp-ca02f96_2.html#ynw-article-part2

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