Souhaits d’une bonne année efflorescente Par Régine Cirondeye

Souhaits d’une bonne année efflorescente

Chers lecteurs et lectrices de mes lyres-pleurésie,

En frénésie ou en hérésie ;

Chers grands poètes et poétesses en sénescence et agénésie,

Qui, entre autres pays, atrésies et parésies,

Sont sous les filets du mal physique ou psychique,

Au Burundi, en Côte d’Ivoire, en Haïti en crise hiérarchique ;

Chers rhapsodes qui n’ont ni ce temps stomachique,

Ni l’aisance de ce passe-temps et cette chance chique ;

Chère majorité de nos peuples [1] qui ne me lira point,

Pour avoir raté – contre son gré - l’aristocratie au rond-point ;

A tous ceux qui ne verront pas, pour pleins de raisons,

Une autre année planter à l’horizon sa cargaison ;

Collègues de l’univers des droits de la personne,

Pour qui n’importe quel jour sur terre, toute l’année,

Pourrait sonner le gland de leur dernière heure vannée,

De la main des travers des coupoles polissonnes ;

Que la nouvelle année efflorescente,

Qui galope comme une jument fluorescente,

Vers le terminus des desiderata arborescents

De son maître et sa maitresse pubescents,

Soit pour « vous » tous,

En ce moment - et bien au-delà - de délices et de pistous ;

« Vous » nos capitaines, toutous, matous ou tatous [2],

« Vous » modestes paysans et paysannes, « vous » parèdres de manitous [3],

« Vous » à mi-chemin entre les deux uniformes,

Une année, et encore plus d’années piriformes [4],

Semblables au fond des cœurs d’enfants de chœur,

« Mirabile Visu ! » [5], qui, sans se soucier de nos rancœurs,

Chantent en unisson comme des hirondelles,

Du haut de citadelles tamisées de chandelles,

Pour des adultes parfois matamores et en liesse,

Pour qui, du coup, ridelle équivaut à sagesse et à joliesse.

Que les enfants et les jeunes, sources intarissables de munificence
Et d’oblativité liliale, vous inspirent toujours réminiscence [6].

Que le ciel multilingue déverse chez vous sa magnificence.

Que la pâmoison de cette palilalie [7]-reviviscence,

Le « swing » du nouvel an, le monde en résipiscence,

Que le tout, saupoudré d’une pincée de déliquescence [8],

Remette en marche le compteur de votre effervescence.

Votre humble servante, en toute décence.

Régine Cirondeye

Ottawa, Canada - Décembre 2010

reginecirondeye at hotmail.com


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Souhaits d’une bonne année efflorescente

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Notes

[1Nos peuples : L’auteure sous-entend les peuples - à majorité illettrés ou à moitié lettrés
des pays en voie de développement.

[2La sémantique poétique de la tournure signifie : Les médiocres, les efficaces et les méchants.

[3Parèdres de manitous : proches des « Grands » de ce monde.

[4Piriformes : Belles, arrondies, sans zigzag.

[5« Milabile Visu ! » : Chose admirable à voir !

[6Réminiscence : Commémoration.

[7Palilalie : Répétition de syllabes, de mots. Ici « ce poème ».

[8Déliquescence : Humilité