Mme Baransata Spès contre Mr Ntandikiye Juvénal. Une guerre inutile et irresponsable d’un Ministre contre son patient.

Source : Burundi news, le 21/10/2009

INTERVIEW DE JUVENAL NTANDIKIYE

Burundi News  : Bonjour Juvénal Ntandikiye

Juvénal Ntandikiye  : Bonjour

Burundi News  : Vous habitez en France et vous êtes un grand militant dans la communication sur le Sida et la lutte contre cette maladie. Qu’est ce que vous avez réalisé sur ce sujet ?

Juvénal Ntandikiye  : Avec un peu de modestie comme tout burundais qui se respect, je peux me permettre de vous dire que j’ai beaucoup de réalisations au Burundi, en Afrique et dans le monde.

D’abord je voulais préciser que je suis devenu militant par révolte. La révolte de ce qui m’était arrivé d’attraper cette maladie par ignorance en le 3/2/1988 par une jolie et jeune chinoise de Hong Kong pour une histoire d’une nuit.

La suite de cette nuit a été dramatique pour moi , j’ai été emprisonné, rapatrié avant la fin de mes études et sans bagages parce que je n’ai pas eu l’autorisation d’aller récupérer mes affaires à la faculté.

Vous y imaginez la suite quand j’arrivais au Burundi en juin 1988 sans diplômes et sans bagages. J’ai vécu une situation très difficile.

Pour me révolter de cette situation, après trois ans en de galère dans mon pays, j’ai créé la première association de des séropositifs et des sidéens (ANSS) en sigle, avec des objectifs bien précis comme :

1-Participer à la prévention du VIH/SIDA par mon témoignage en tant que personne séropositive .

2- prendre en charge les personnes déjà contaminées

3- Lutter contre la stigmatisation et la discrimination des séropositifs et sidéens.

C’est alors au sein de l’ANSS que j’ai mené pas mal d’activités dans ce sens et que j’ai été le premier Burundais à témoigner sa séropositivité pour lever le tabou qui entourait cette maladie, encourager les séropositifs et les malades du SIDA pour garder le moral puisque la vie continuait et continue avec le sida. Mon groupe cible était surtout la jeunesse. C’était pour la prévenir contre ce danger qui la guettait par mon témoignage de ce qui m’est arrivé. La radio et la TV étaient mes véhicules de l’information et les descentes sur terrain pour que la jeunesse me voie en chair et en os.

En Afrique, j’ai été parmi les fondateurs du réseau africain des personnes vivant avec le VIH /SIDA. J’étais dans le conseil d’administration et j’avais l’Afrique centrale à ma charge. Je faisais ce que nous appelions des missions d’ambassadeur d’espoir qui consiste à aider ces pays pour avoir des associations comme l’ANSS.

Burundi News  : Vous avez écrit un livre qui n’est pas encore sorti. Qu’est ce que dit ce livre ? Comment pouvez-vous l’expliquer en quelques phrases ?

Juvénal Ntandikiye  : Oui j’ai écrit en livre. Il est dédié à la jeunesse burundaise pour qu’elle ne tombe pas dans la même embuscade que moi. C’est un livre très audacieux où je parle sans tabou ce qui m’est arrivé, le combat que j’ai mené et les difficultés que j’ai rencontrées dans mon combat contre le SIDA. C’est très dur d’être exclu par des gens que tu n’ attendais pas, qui ont le même problème que moi, séropositifs et sidéens.

Burundi News : Pourquoi ce livre ne sort-il pas ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Juvénal Ntandikiye  : Je ne sais pas pourquoi le livre ne sort pas parce que l’UNICEF-BURUNDI avait accepté de financer l’édition de ce livre, mais comme il ne finance pas directement les associations, c’est le ministère de la lutte contre le SIDA qui doit donner la requête de demande de financement à l’UNICEF. Depuis janvier 2008, le financement a été donné mais jusqu’aujourd’hui la requête n’est pas encore signé et envoyé à l’UNICEF.

Burundi News  : Comment est-ce qu’un ministre en charge du sida peut-il saboter un tel livre ? Quel est son intérêt ?

Juvénal Ntandikiye  : Officieusement je sais pourquoi, mais je veux la version officielle de la ministre. Une ministre qui bloque un projet qui est dans le plan stratégique national de lutte contre le SIDA ne sait pas ce qu’elle fait dans ce ministère. Son intérêt est de préserver une image fausse qu’une certaine femme du nom de Jeanne GAPIYA qui s’est donnée l’image de fondatrice de l’ANSS et qu’elle a été la première personne qui a témoigné de sa séropositivité au Burundi à tort. Elle est actuellement son bras droit pour des raisons politiciennes parce qu’elle est la femme du neveu de l’ex -président du Burundi Monsieur Pierre BUYOYA. Comme dans le livre je dis tout et sans tabou, le ministre a peur que la vérité soit révélée au grand jour et sa protégée perd sa crédibilité parce qu’elle a menti le monde entier en général et les Burundais en particulier.

Burundi News  : Qu’est-ce que vous demandez au pouvoir ?

Juvénal Ntandikiye  : Je demande au pouvoir en place que je respecte beaucoup, d’user de sa force pour obliger ce ministre de signer et de donner à l’UNICEF ce document ou dire officiellement ce qu’il a contre ce livre des jeunes alors que nous avons travaillé avec son équipe pour l’améliorer jusqu’à la version finale qui a été adoptée par le ministère lui-même, le SEP/CNLS et les jeunes aussi ont validé ce projet de livre. Le ministre n’a aucune raison valable de refuser sa signature. Je demanderais au pouvoir de lui changer de ministère parce qu’elle a l’habitude de manier l’argent à la BRB que de s’occuper des maladies graves comme le SIDA et à comprendre un bon projet de lutte contre le SIDA.

Burundi News  : Si la ministre en charge du Sida ne réagit pas à votre demande d’autoriser ce déblocage de fonds, qu’est-ce que vous comptez faire ?

Juvénal Ntandikiye  : Monsieur le journaliste, la décision je l’ai déjà prise. Depuis vendredi le 16/10/2009, j’ai arrêté mes traitements. Je suis déjà dépassé par ces trahisons de ceux ou celles qui devraient me comprendre en premier et cette décision du ministre qui est inconnue et inavouée officiellement. Depuis près de 22ans je me bats contre vents et marais dans cette lutte mais il y a des gens qui me mettent des bâtons dans les roues. Si c’est le ministre, qu’il porte mon cadavre sur son dos. J’ai arrêté les traitements par déception de ce ministre.

Burundi news  : Quel est le message que tu donnes au Burundais ?

Juvénal Ntandikiye  : Le message que je dis aux Burundais et surtout à la jeunesse, je pense toujours à eux, surtout à la jeunesse, qu’elle grandisse sans SIDA et qu’elle ait un regard compatissant envers les personnes déjà contaminées et qu’ils comprennent ma décision parce que je n’en peux plus. Je les demande vivement d’intervenir pour persuader ce ministre qui ne comprend rien apparemment, qu’elle démissionne dans ce ministre qui ne la convienne pas.

Burundi news  : Que ce qui peut te faire changer d’avis ?

Juvénal Ntandikiye  : Il n’y a qu’une seule chose qui me fera changer d’avis, la signature et l’envoi de la requête à l’UNICEF dans les délais prévus par ce dernier. Sinon ma vie n’a plus de sens. Je vous remercie.