Lettre ouverte à Monsieur Mpozagara, Procureur Général de la République du Burundi en 1969.

Lettre ouverte à Monsieur Mpozagara, Procureur général de la république du Burundi en 1969, homme qui a demandé et obtenu la condamnation à mort des citoyens innocents, lesquels ont été exécuté au mois de décembre malgré les protestations des hommes et femmes du monde libre et civilisé.

Vous avez choisi, Monsieur Mpozagara, le mois de décembre pour exécuter des hommes innocents et vous saviez certainement ce que représente Décembre dans les cœurs des croyants et des non croyants : la joie de vivre.

Et oui, vous avez fait le contraire. Monsieur Mpozagara, vous avez choisi ce mois là pour condamner et exécuter des innocents. Vous avez choisi ce mois de décembre 1969 pour rendre malheureuses des familles entières, pour faire souffrir vos semblables, pour faire des enfants innocents, des orphelins. Je suis personnellement outré par vos propos. Monsieur Mpozagara, j’ai honte. J’ai honte de vous entendre rejuger les morts, de les condamner et de les exécuter une seconde fois, comme si la première condamnation ne vous suffisait plus. Je n’aurais jamais imaginé, Monsieur Mpozagara, qu’un humain puisse porter son cynisme jusque là. Vous parlez d’aveux. Non Monsieur. Ces hommes et femmes ont été malmené, torturé. Ils ont souffert et vous osez affirmer que vous avez obtenu des aveux de leur part. Quel cynisme ? Vous attendiez à ce que vos victimes se lèvent, vous regardent les yeux dans les yeux et qu’ils vous disent le contraire de ce que vous êtes entrain d’affirmer à travers l’interview que vous avez accordé à M. Kaburahe ?

Vous le savez Monsieur, en affirmant haut et fort vos forfaits, vous brandissez votre trophée de vainqueur contre des hommes et femmes démunis. Il n y a pas de fierté à tirer. Seulement la honte. Monsieur Mpozagara, j’ai honte. J’ai honte parce que vous dites avoir joué le rôle d’un magistrat honnête. Si honnêteté veut dire conduire à la mort, on comprend pourquoi le monde s’est longtemps méfié de cette honnêteté qu’est le votre. Vous comprenez pourquoi peu d’hommes honnêtes -au sens universel du terme- croient de moins en moins à ce que vous appelez "ubushingantahe". Et puis, Monsieur, après tant d’années au service d’un pouvoir qui cherche à réconcilier le peuple, vous maintenez toujours les clichés, ceux des bons d’un côté, les méchants de l’autre. Et vous réjouissez d’avoir eu la chance d’avoir une formation et même une éducation familiale qui vous ont permis d’être absolument au dessus de ces conflits ethniques ? Si c’est ça l’éducation familiale, bonjour les dégâts.

Monsieur Mpozagara, par vos propos, vous êtes entrain de profaner les tombes des hommes que vous avez conduits à la mort et par là vous faites souffrir leurs familles pour la nième fois. S’il vous plait, vous pouvez en arrêter là. En attendant, procureur et intellectuel que vous êtes, vous avez certainement gardé les procès verbaux des auditions. Je vous invite à les rendre public. Des historiens les analyseront et les critiqueront.

Pasteur Nshimirimana

Le 26 août 09

Suisse.