Le président burundais préoccupé par la forte démographie dans son pays Pana, 17/12/2010

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Bujumbura, Burundi - La population du Burundi a doublé au cours de ces 29 dernières années, "alors que le pays a une superficie de moins de 30.000 km2 qui ne change pas", a déploré vendredi le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza.

Le président Nkurunziza a tiré la sonnette d’alarme au moment où il procédait à l’ouverture d’un atelier national de réflexion sur les "grands défis démographiques auxquels fait face actuellement le Burundi".

Pour illustrer ces défis, le chef de l’Etat burundais a mis en avant l’extrême jeunesse de la population.

"Le fait d’avoir une population composée à majorité de jeunes n’était pas mauvais en soi, mais il y a des problèmes corollaires à cette situation comme le fait d’avoir peu de producteurs et beaucoup de consommateurs", a-t-il déclaré.

D’après les statistiques faites à partir des résultats du recensement de 2008, les jeunes de moins de 15 ans représentent 45% de la population du Burundi, estimée en 2008 à environ 8 millions d’habitants.

"Nous ne pouvons pas passer sous silence que l’impression des horizons bouchés aux yeux de cette jeunesse la conduit à tergiverser dans le choix de ses modèles en matière de culture et de comportement, amenant les jeunes filles à abandonner l’école pour se marier avant l’âge légal prétextant que c’est la course pour la vie", a poursuivi le président Nkurunziza.

L’autre épineux problème à ses yeux est le manque d’habitat décent pour la majorité des Burundais.

"Cette superficie ne change pas au moment où la population, quant à elle, ne cesse de s’accroître", a-t-il souligné en substance avant de renvoyer au recensement de 1979 dont le résultat était de quatre millions d’habitants contre plus de huit millions en 2008.

"Dans une période de 29 ans seulement, la population burundaise a doublé et vous comprenez où nous en sommes ! D’ici quarante ans, celui qui vivra verra qu’il n’est pas facile de trouver où construire sa maison", a insisté le président Nkurunziza.

La conséquence de cette forte démographie est liée à la gestion des terres. Le chef de l’Etat burundais a déploré à cet effet une mauvaise situation qui fait que les frères et sœurs se battent pour un lopin de terre et vont jusqu’à s’entretuer.

"Les petits-fils et les arrières petits-fils se lassent de voir vivre les arrières grands-parents et vont jusqu’à leur ôter la vie arguant qu’ils ont tardé à leur laisser la place. C’est une grande honte !", s’est-il écrié.

Pana

17/12/2010