La Libye sous les frappes de la coalition, Kadhafi menace de riposter

La Libye sous les frappes de la coalition, Kadhafi menace de riposter

Source : http://www.leparisien.fr/crise-egypte/la-libye-sous-les-frappes-de-la-coalition-kadhafi-menace-de-riposter-19-03-2011-1366971.php

Après avoir poussé à l’adoption, jeudi, d’une résolution au conseil de sécurité de l’ONU, la France a pris la tête d’une action militaire en Libye samedi. La première frappe aérienne française a été tirée à 17h45, heure de Paris, soit deux heures après la fin du sommet international organisé dans la capitale française, qui réunissait des dirigeants arabes, européens et nord-américains.

Peu après 20h30, la France a été rejointe par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les deux puissances ont annoncé avoir bombardé par air et par mer des objectifs en Libye. Des attaques aussitôt qualifiées de « barbares » par les autorités libyennes. Mouammar Kadhafi menace de d’attaquer des objectifs « civils et militaires » en Méditerranée.

Le récit des événements de samedi :

0h40. La Libye a décidé de ne plus coopérer avec l’Europe dans sa lutte contre l’immigration clandestine, a annoncé un responsable de la sécurité cité par la télévision officielle libyenne.

0h30. Le régime libyen considère nulle la résolution 1973 de l’ONU après les raids occidentaux. Le régime libyen a affirmé samedi qu’il considérait désormais comme nulle la résolution 1973 de l’ONU imposant une zone d’exclusion aérienne, après l’opération militaire occidentale, et affirmé son « droit » à utiliser de nouveau son aviation.

0h20. « Les batteries antiaériennes de Kadhafi ont été sérieusement mises hors d’état », annonce un responsable de la sécurité nationale américaine, à l’agence Reuters. « Il est trop tôt pour dire ce que Kadhafi et ses forces terrestres pourraient faire en riposte aux frappes d’aujourd’hui ».

0h10. Le régime libyen réclame une réunion du Conseil de sécurité. La Libye a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU après le lancement par l’Occident d’une opération militaire contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué à Tripoli.

23h30. Les autorités libyennes dénoncent des bombardements « barbares ». « Les nations occidentales ont mené des frappes aériennes sur plusieurs endroits à Tripoli et à Misrata, causant de graves dommages (...) aux infrastructures », a déclaré le président du Parlement, Mohamed Zwei, lors d’une conférence de presse à Tripoli. « Cette agression barbare contre le peuple libyen intervient après notre annonce de cessez-le-feu », a-t-il protesté, affirmant qu’un « grand nombre de civils ont été blessés par cette agression », sans préciser le nombre des victimes ou de cibles visées. « Cette agression ne convaincra pas le peuple libyen de se rendre aux bandes armées dirigées par Al-Qaïda », a ajouté M. Zwei. Le gouvernement a régulièrement accusé la rébellion d’être à la solde du réseau extrémiste Al-Qaïda.

23 heures. Selon Al Jazeera, quatre journalistes de la chaîne sont détenus par les autorités libyennes à l’ouest du pays. Il s’agit d’un Tunisien, un Mauritanien, un Norvégien, et un Britannique.

22h45. Enregistrement sonore de Mouammar Kadhafi diffusé par la télévision officielle. Comme il l’avait évoqué jeudi dernier, le leader libyen menace d’attaquer des objectifs « civils et militaires » en Méditerranée, devenue, selon lui, un « vrai champ de bataille ». Il estime que « l’agression croisée injustifiée » menée par la coalition internationale « renforce le peuple libyen ». Il annonce aussi que les dépôts d’armes sont ouverts pour défendre la Libye.

22h35. Aucun avion français abattu. « On dément, tous les avions qui sont sortis aujourd’hui sont rentrés », affirme le porte-parole de l’état major des armées, le colonel Thierry Burkhard.

22h25. Mouammar Kadhafi va s’exprimer ce samedi soir sur l’« agression des Croisés » contre la Libye, annonce la télévision libyenne.

22h20. Selon l’agence officielle libyenne Jana, la ville natale de Mouammar Kadhafi, Syrte, est la cible de missiles et de raids aériens menés par la coalition internationale.

22h15. Base allemande. Un responsable français sous couvert d’anonymat indique que les attaques aériennes contre la Libye par avions et missiles de croisière des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, sont « coordonnées » à partir d’un quartier-général américain basé en Allemagne.

22h10. Démenti. Joint par Europe1, l’état-major français assure que tous les avions français sont bien rentrés après leurs raids sur les cibles libyennes. L’armée dément donc implicitement les informations de la télévision libyenne, selon laquelle un avion français aurait été abattu.

22 heures. Avertissement du Hezbollah. Le puissant mouvement chiite estime que l’opération militaire internationale en Libye ouvre la voie à une ingérence occidentale « dans chaque pays arabe, nous ramenant à l’époque des occupations, des colonisations et des partitions ». Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah appelle les insurgés à la vigilance : « L’intervention internationale pourrait entraîner la Libye dans le jeu des nations. Les rebelles doivent être conscients de cela ». Le Hezbollah rappelle qu’il soutient les révoltes en Libye mais aussi à Bahreïn et au Yémen, et propose de leur « venir en aide ».

21h55. Un haut responsable libyen qualifie l’opération militaire occidentale d’« agression barbare », affirmant qu’elle a visé des objectifs civils et militaires et fait de « nombreuses victimes » et de « graves dégâts matériels ».

21h50. La télévision libyenne affirme qu’un avion français a été abattu par la défense anti-aérienne libyenne dans le secteur de Njela, dans la région de Tripoli - une information non confirmée par l’armée française.

21h45. Un porte-parole de l’armée libyenne cité par la télévision libyenne affirme que des « objectifs civils » dans les villes côtières de Tripoli, Misrata, Zouara et Benghazi sont la cible de raids « ennemis ». La télévision d’Etat dit aussi que l’hôpital de Bir Osta Miled, à 15 km à l’est de Tripoli, a été touché.

21h32. Les USA et la Grande-Bretagne ont lancé 110 missiles de croisière sur la Libye, annonce le Pentagone. Les missiles, envoyés depuis des navires et des sous-marins, ont touché « plus de 20 objectifs » parmi lesquels des systèmes de défense anti-aérienne et des noeuds de communication stratégiques, tous situés sur la côte.

21h30. Obama avertit Kadhafi. Le président américain prévient le dirigeant libyen que « les actes ont des conséquences », justifiant la décision d’intervenir des Etats-Unis par les attaques menées par le régime libyen contre les insurgés.

21h25. Des réservoirs de carburant bombardés. Des bombardements ont touché des réservoirs de carburant alimentant Misrata et sa région, selon un porte-parole des forces armées libyennes cité par la télévision d’Etat. Misrata, troisième ville de Libye à 200 km à l’est de Tripoli, fait partie des cibles visées par les frappes américaines.

21h10. Une action militaire américaine limitée en Libye. Barack Obama répète qu’il n’y aura pas de déploiement américain au sol en Libye, en annonçant avoir autorisé une action militaire limitée pour faire respecter l’application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. Les Etats-Unis ont frappé peu après 20h30 des sites anti-aériens libyens à l’aide de missiles de croisière Tomahawk. « La plupart des premières frappes prévues sont sur la côte parce que c’est là que se trouvent les systèmes » de défense anti-aérienne, selon un haut responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Ces frappes doivent se dérouler essentiellement aux abords de Tripoli et de Misrata, selon lui.

21 heures. Les médias officiels libyens affirment que des « objectifs civils » ont été la cible de raids de l’aviation des « ennemis croisés » à Tripoli. Ils font état de blessés.

20h45. Frappe américaine, le Royaume-Uni entre en action. Les forces britanniques sont en action au-dessus de la Libye, annonce le Premier ministre David Cameron, tandis que des tirs de missiles de croisière Tomahawk américains frappent des sites anti-aériens libyens afin de faciliter la mise en oeuvre de la zone d’exclusion aérienne.

20h40. Le comité de l’Union africaine (UA) se déclare opposé à « toute intervention militaire », selon le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, à l’ouverture d’une réunion à Nouakchott des membres de ce comité.

20h35. Des témoins rapportent à l’AFP que de fortes explosions ont retenti à l’est de Tripoli, où des boules de feu ont été vues à l’horizon, sans être en mesure de préciser l’origine des détonations. L’un de ces témoins ajoute que les explosions auraient visé un bataillon de l’armée situé à 20 km du centre de Tripoli.

20h30. Quatre. Une source militaire française indique que les avions de chasse français, Rafale et Mirage 2000, ont jusqu’ici procédé à quatre frappes aériennes sur la Libye, détruisant plusieurs blindés des forces pro-Kadhafi. Ces tirs se sont produits dans la région de Benghazi, bastion de l’insurrrection en proie aux attaques du régime libyen. Selon la même source, les opérations devaient se poursuivre pendant la nuit.

20h20. Alain Juppé. Interrogé au 20 Heures de France 2, le chef de la diplomatie assure que « les Américains vont participer pleinement aux opérations » et que leur participation sera visible « dans les jours et heures qui viennent ». Le but de l’intervention internationale est d’aider « le peuple libyen à se libérer » de Mouammar Kadhafi, même si cela n’est pas explicitement prévu par la résolution 1973 du Conseil de sécurité.

20h10. « Merci Sarkozy ». L’envoyée spéciale de BFMTV à Tobrouk, en Libye, rapporte que des Libyens ont manifesté leur joie après l’annonce de l’intervention militaire française : « Ils scandaient "merci Sarkozy" », explique Julia Delage, qui ajoute que d’autres habitants jugent cette opération trop tardive. « Ils disent que trop de sang a déjà coulé », raconte la journaliste.

19h30. Croix-Rouge. Europe 1 rapporte que Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se dit « vivement préoccupé » par « l’intensification (...) des combats qui se déroulent en Libye » en raison « des risques que cela comporte pour la vie des civils ». L’organisation appelle toutes les parties à « se conformer rigoureusement aux règles et aux principes du droit international humanitaire ».

19h25. En France. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) exprime son « inquiétude face à toute intervention qui risque de ne pas se limiter à la stricte protection des populations civiles ». L’organisation appelle au respect « des normes internationales ».

19h23. Report. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, décide de repousser à la dernière minute un voyage qu’il devait effectuer en Russie, afin de pouvoir suivre la situation en Libye.

19h20. La Russie regrette l’intervention armée étrangère en Libye, selon un communiqué du porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch.

19h10. Quatre chars libyens auraient été détruits au sud-ouest de Benghazi par les avions de chasse français, selon la chaîne de télévision Al-Jazeera.

18h55. Hugo Chavez. Le président vénézuélien juge l’intervention armée internationale contre la Libye « irresponsable ». Selon lui, cette opération vise uniquement à s’emparer du pétrole libyen. Il réclame un cessez-le-feu immédiat.

18h40. Selon l’AFP qui cite Thierry Burckhard, le porte-parole de l’état-major des armées, le véhicule touché par la première frappe aérienne française est « clairement identifié comme appartenant aux forces pro-Kadhafi ». Interrogé sur BFMTV au sujet d’une éventuelle riposte, le responsable affirme n’avoir « aucun compte rendu qui fa(sse) état de riposte des forces libyennes ».

Source : http://www.leparisien.fr/crise-egypte/la-libye-sous-les-frappes-de-la-coalition-kadhafi-menace-de-riposter-19-03-2011-1366971.php