Journée d’information sur les activités de la CNTB. Les défis et contraintes que rencontre la CNTB ou la CNTB face au défi de l’intox

JOURNEE D’INFORMATION SUR LA CNTB

King’s Conference Center, 17.12.2012

Mot d’accueil

Excellence Monsieur le Président de la République,
Honorables Membres de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Sénat de la République,
Honorable Ombudsman de la République du Burundi,
Excellences Messeigneurs Membres de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Représentants des Confessions Religieuses,
Excellence Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis Politiques,
Mesdames et Messieurs les Représentants de la Société Civile,
Mesdames et Messieurs les Membres de la Commission Nationale des Terres et Autres Biens,
Distingués Invités,
Chers collègues et amis de la CNTB,

Bonjour, et bienvenus parmi nous. A tous et à chacun : tous mes respects.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Je suis très honoré de prendre la parole devant cette auguste assemblée, entouré des 49 autres que Vous avez choisi de nommer à la Commission Nationale des Terres et Autres Biens, pour dire tout simplement merci, infiniment merci.
Ce sentiment de gratitude, je le dois d’abord et en premier lieu à Vous, Excellence Monsieur le Président de la République. En effet, en plus de tout ce que Vous n’avez cessé d’être pour nous en Votre qualité de Tutelle de la CNTB, Vous avez choisi ce moment, pour nous pas tout à fait comme les autres, pour dire à Votre peuple ainsi qu’à nos amis de la Communauté Internationale ici présents, que Vous suivez constamment et de près ce qui se passe à la CNTB, et tout ce qu’elle fait quotidiennement à travers tout le pays. Vous êtes au milieu de nous ce matin, pour confirmer devant le monde entier que la CNTB Vous est chère, et qu’elle n’est certainement pas ce monstre horrible et sanguinaire, que certains organes de presse et certains milieux politiques intéressés se plaisent à dépeindre aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale. De tout cœur, nous Vous disons encore une fois merci de votre constante sollicitude à notre égard.

En plus de Vous, Excellence Monsieur le Président de la République, la famille de la CNTB n’a pas de mots pour apprécier à sa juste valeur la présence réconfortante des éminentes personnalités du Gouvernement et du Parlement, du Bureau de l’Ombudsman, de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, du monde politique en général, du monde diplomatique, religieux, de l’information, des Organisations internationales et de la Société civile.

Honorables, Excellences, Mesdames, Messieurs, Distingués Invités,

En répondant ce matin à l’invitation de Son Excellence le Chef de l’Etat, vous avez voulu témoigner votre propre respect et la sympathie de ceux et de celles que vous représentez, envers notre pays, envers les Autorités burundaises et envers nos Institutions.
En ce qui nous concerne, nous voudrions vous redire que votre présence nous honore et, en même temps, nous aimerions vous confier que nous serions très heureux de vous compter tous désormais parmi nos partenaires les plus proches, dans notre engagement commun pour la Justice, la Paix et l’Harmonie Sociale dans notre pays.
Et s’il est arrivé que, pour une raison quelconque, l’un ou l’autre parmi vous en soit arrivé à considérer la CNTB comme un ennemi virtuel ou réel, nous sommes ici, aujourd’hui, pour réaffirmer sans ambages les nobles idéaux de justice, d’équité, de paix et de réconciliation, qui nous ont toujours guidés dans l’accomplissement de notre mission, spécialement envers les déshérités de notre pays. Pour un observateur honnête, en effet, et Dieu seul sait s’il y en a même au Burundi, le travail réalisé par la CNTB au cours de ses six années d’existence reste quantitativement et qualitativement impressionnant. Nous aurons certainement l’occasion d’en parler pendant ces deux journées d’information sur la réalité vraie de la CNTB.
D’ores et déjà, cependant, il m’est impossible de cacher le sentiment de grande satisfaction qui m’anime en ce moment et dont je suis sûr et certain qu’il est partagé par les membres et le personnel de la CNTB qui m’accompagnent. Toutefois, au-delà des statistiques qui, à elles seules, pourraient déjà faire notre fierté, je me dois de préciser que notre joie nous vient aussi du fait que, grâce surtout à nos détracteurs les plus acharnés et à une campagne implacable menée contre nous à travers certains Médias, la CNTB est aujourd’hui mieux connue jusque dans les coins les plus reculés de notre pays et en dehors de nos frontières, où nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à nous appeler « des justes persécutés, des martyrs de la vérité, des prophètes de la paix, des défenseurs des pauvres, des veuves et des orphelins ».

Et c’est ce verdict qui nous intéresse au plus haut point : celui des laissés-pour-compte de notre société, qui eux, n’ont cessé de clamer haut et fort, même et surtout lorsque leur voix n’était relayée par presque personne, qu’ils sont pleinement satisfaits du travail réalisé par la CNTB. Ces déshérités nous ont certainement jugés à nos actes, et leur satisfaction est aujourd’hui notre fierté. Voilà pourquoi nous ne pouvons que les remercier, de tout notre cœur, de la confiance qu’ils nous ont toujours témoignée : nous ferons encore et toujours mieux pour ne jamais les décevoir.

Last, but not least, notre Commission doit ce qu’elle est aujourd’hui et tout ce qu’elle a pu construire de beau pour notre patrie, à de nombreuses autres personnes et institutions présentes ou absentes. A défaut de les citer toutes nommément, j’en choisis au hasard quelques-unes d’entre elles, tout en rassurant toutes les autres de notre meilleur souvenir et de notre gratitude pérenne.
Je pense tout d’abord aux différents protagonistes des Accords d’Arusha et du long processus par moments incertain et semé d’embûches, qui a abouti à la création de cette belle réalité qu’est devenue aujourd’hui la CNTB, une réalité devant laquelle personne ne reste indifférent, une réalité qui est crainte par très peu de citoyens et qui en rassure une très grande majorité. Pour cela, il m’est arrivé de dire un jour, très heureux, que « s’il n’y avait pas la CNTB, il faudrait l’inventer ».

Je pense ensuite à mon digne prédécesseur, l’Abbé Aster Kana d’heureuse mémoire. A chaque fois que, même pour des raisons obscures, quelqu’un se permet d’affirmer que l’Abbé Kana a mieux fait que moi à la tête de la CNTB, cela me fait un très grand plaisir, car, dans les archives de Saint Pierre et au plus profond de mon cœur, il était et il reste toujours mon petit frère, et je ne serai jamais jaloux à son égard. Par contre, je chercherai toujours à faire avancer l’œuvre qu’il a commencée au milieu de tant de difficultés et qu’il n’a pas eu le temps d’achever, comme il m’a confié fraternellement quelques temps seulement avant de quitter cette terre. Pour cela, je trouve tout simplement honteux, indigne et malhonnête de vouloir nous opposer, lui qui est défunt et ne peut donc plus nous donner son point de vue, et moi qui viens à peine de commencer mon travail.

Je pense aussi à tous nos partenaires proches ou lointains, notamment le Système des Nations Unies avec toutes ses Institutions Spécialisées, en particulier le HCR et le PNUD, ainsi qu’aux ONG’s amies telles que : ACCORD, Rema Ministries/Conseil Danois pour les Réfugiés, Conseil Norvégien pour Réfugiés.

Je remercie tous et chacun des membres de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi, pour n’avoir jamais minimisé l’importance de la présence d’un ecclésiastique issu de leur Eglise, à la tête d’une institution comme la CNTB, très pacifique et hautement réconciliatrice. Leur soutien en ce moment nous est d’un grand réconfort, eux qui ne se lassent jamais d’inviter leurs fidèles, et j’en suis un, à être, toujours et partout, des apôtres de la vérité, de la justice, de l’amour et du pardon, qui sont les véritables piliers de la paix.

Enfin, juste pour vous dire à quel point la CNTB tient en haute estime l’idéal du pardon et de la réconciliation, je me permets de proposer à votre méditation la prière d’un déporté juif qui, devant l’horreur du crime perpétré contre ses frères, demande pardon pour les bourreaux qui vont le tuer, peu après, dans une chambre à gaz. En vous la lisant, mon vœu le plus cher est que, conscients des conséquences terribles des horreurs qui ont émaillé l’histoire de notre pays depuis l’Indépendance, nous revenions les uns et les autres à de meilleurs sentiments y compris envers nos pires ennemis d’hier et d’aujourd’hui, pour construire ensemble, dans la justice, un pays de paix et de bonheur pour nous et pour les générations à venir. Ainsi, avec toutes les victimes de l’injustice, de la haine et de la violence, chez nous et dans le monde, avec nos sinistrés, avec l’auteur de cette supplication, je prie :

« Paix à tous les hommes de mauvaise volonté. Que la vengeance cesse, ainsi que tout appel au châtiment…Les crimes ont dépassé toute mesure, tout entendement. Il y a trop de martyrs…
Aussi ne mesure pas leurs souffrances aux pieds de ta justice, Seigneur, et ne laisse pas ces souffrances à la charge des bourreaux pour leur extorquer une terrible facture. Qu’ils soient payés en retour d’une autre manière. Inscris en faveur des exécuteurs, des délateurs, des traîtres et de tous les hommes de mauvaise volonté, le courage, la force spirituelle de ces autres-là, leur humilité, leur dignité, leur lutte intérieure constante et leur invincible espérance…
Eux (les martyrs) demeurèrent fermes et confiants face à la mort, oui, jusqu’aux moments de la plus extrême faiblesse…Que tout cela soit déposé devant toi, O Seigneur, pour le pardon des péchés, rançon pour le triomphe de la justice : que le bien soit compté, et non le mal. Et que nous restions dans le souvenir de nos ennemis, non comme leurs victimes, non comme un cauchemar, non comme des spectres attachés à leurs pas, mais comme des soutiens dans leur combat pour
détruire la furie de leurs passions criminelles. Nous ne leur demandons rien de plus…  ». (Cité par Minani J. Chrysostome, in La Vérité et l’Amour : un défi pour la réconciliation d’un peuple divisé. Le cas du Burundi, Les Presses Lavigerie, Bujumbura 2008, p.211-215).

C’est sur le ton poignant de cet appel, Excellence Monsieur le Président de la République, Honorables, Excellences, Distingués Invités, que je vous remercie encore une fois d’avoir accepté d’être des nôtres ce matin. Votre présence nous réconforte et nous dit que vous ne nous laisserez jamais seuls même au milieu des pires difficultés, dans notre combat pour la vérité, la justice et la paix, contre le mensonge, l’injustice et la violence.

Avec mes sincères remerciements pour votre aimable attention.

Mgr Sérapion Bambonanire
Président de la CNTB

Les défis et contraintes que rencontre la CNTB ou la CNTB face au défi de l’intox

Les organisateurs de l’activité qui nous réunit depuis ce matin ont choisi de lui donner le titre de « Journées d’information sur la CNTB ». C’est que, dans un premier temps, nous pensions que, en fin de compte, la campagne décidément hostile de ces derniers temps était due essentiellement au fait que la plupart de ceux qui sont en train de s’exprimer négativement aujourd’hui sur cette Commission la connaissent très mal ou ne la connaissent pas du tout.

En effet, les dires et les écrits de nos détracteurs viennent de produire l’image d’une CNTB dans laquelle ne se reconnaissent point les premiers concernés que sont ses 50 membres avec les plus de 4.000 collaborateurs à tous les niveaux, et encore moins les premiers intéressés que sont les sinistrés qu’elle est en train de servir d’une façon préférentielle. Malgré cela, nous étions loin de penser un seul instant que, à défaut de nous aimer, ceux qui pour des raisons connues d’eux seuls ont choisi de se livrer systématiquement à un lynchage médiatique impitoyable à notre endroit, reniaient en même temps à la CNTB tout droit à l’existence.

Aujourd’hui par contre, en réfléchissant plus sérieusement sur les idées développées par les uns et les autres, nous venons de comprendre, finalement, qu’il y a quelque chose de bien plus inquiétant derrière leurs déclarations apparemment innocentes.
Ainsi, tout dernièrement, nous avons entendu des représentants autorisés de certains partis politiques, affirmer avec force que la CNTB n’aurait pas dû exister avant la CVR, et que même la Loi qui la régit n’a pas de sens, ce qui finalement signifie la même chose.

Nous en avons vu d’autres qui, à l’instar de Mr Zénon Nicayenzi, ont commencé à se muer en défenseurs convaincus des intérêts d’une Eglise Catholique qui ne les a pas mandatés, en se permettant de jouer à ses Porte-Paroles pour annoncer sur la voie des ondes que la CNTB était à l’ordre du jour de la réunion de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi. Dans la suite, nous avons continué à lire dans le Journal Iwacu, que le même porte-parole autoproclamé de l’Eglise Catholique avait suggéré sans nul besoin de fonder son assertion, que le Président de la CNTB constitue un grand danger pour elle, comme si cette dernière n’était pas assez mûre pour reconnaître illico les faux prophètes aux paroles mielleuses et les nombreux loups qui se font passer pour des agneaux.

Mais auparavant, plusieurs autres personnalités politiques et de la société civile avaient rivalisé de zèle pour asséner des coups les uns plus violents que les autres au Président de la CNTB, certains allant même jusqu’à exiger sa démission. Et parmi les caisses de résonance choisies pour cet exercice synchronisé de sape, nous prenons à témoin la population burundaise tout entière pour citer notamment : la RPA, Radio Bonesha FM, le Journal Iwacu, Télé-Renaissance, le Journal Net Press, ainsi que quelques sites internet de la même obédience. Et pour cette besogne, des journalistes ont été désignés sur base de leur capacité de déformer allègrement la réalité et la vérité, ou tout simplement d’inventer des titres ou injurieux ou teintés de sensationnalisme du type : le Président de la CNTB, ange ou démon ? Mgr Sérapion ou la solution controversée. Et avec cela, la CNTB et son Président sont devenus comme une drogue pour le public burundais, à tel point qu’il n’y a pratiquement plus aucune émission radiophonique qui, pour se faire écouter, ne parle pas de la CNTB, si possible comme d’un monstre ou au moins comme de la cause de tous les maux de la République.

Et pour ce qui devait être le coup de grâce, même l’ancien Président Jean-Baptiste, à cause surtout de sa grande connaissance de la politique et des méthodes de spoliation. Entre autres, sa signature repose éternellement sur la décision du Conseil de guerre du 6 mai 1972 qui a condamné à mort des milliers d’innocents et en a envoyé des centaines de milliers d’autres en exil, avec l’ordre de saisir tous leurs biens meubles immeubles. Au cours d‘une conférence tenue il y a à peine une semaine à Bujumbura, le sénateur Bagaza vient d’affirmer avec force que la CNTB travaille mal aujourd’hui à cause du pouvoir actuel l’a dotée d’une mauvaise Loi. Il a renchéri en disant que c’est cette mauvaise loi confiée à la CNTB qui permet à cette dernière d’exiger la restitution des biens sans tenir compte des droits de l’occupant qui, selon lui, est protégé par le principe juridique de la prescription trentenaire, qu’il soit de mauvaise foi ou non. Ainsi, il a feint d’oublier que le 3O Juin 1977, lui-même a décrété la réintégration des propriétaires légitimes dans les biens spoliés suite à la décision malheureuse du Conseil guerre dont il faisait partie. Cette mesure en soi salutaire qui n’a jamais été mise en application même sous son régime, Bagaza en conteste aujourd’hui la validité et trouve même injuste de la part de la CNTB de s’y référer.

Dans cette guerre à outrance contre la CNTB, c’est le Parti Uprona qui, dès le début a donné le ton et a pris le flambeau. Je me contenterai de reprendre, pour rappel, quelques-unes seulement, probablement les moins blessantes, parmi les nombreuses accusations souvent génériques de ses dirigeants et jamais démontrées par un seul exemple concret. Pour cela, j’ai choisi de citer un extrait des « Résolutions et Recommandations de la Retraite des Cadres de l’UPRONA tenue à Gitega du 19 au 20 Mai 2012 » :

« Les cadres du Parti Uprona ont constaté unanimement que le principe selon lequel les décisions de la Commission doivent être guidées par l’impératif de concilier le respect de la loi, de l’équité, de la réconciliation et de la paix sociale n’est plus respecté. En effet, alors que sous la présidence de l’Abbé Astère KANA, ces principes ont été respectés, aujourd’hui, toute cette œuvre de réconciliation et de sauvegarde de la paix sociale est en train d’être démontée de façon délibérée :
-  Mgr Sérapion procède à une globalisation extrêmement dangereuse qui traduit son parti pris envers des catégories de populations contre d’autres parmi ceux impliqués dans les litiges de la CNTB ;
-  Et pour ajouter le drame au drame, la question des déplacés est traitée de manière inacceptable quand elle n’est pas oubliée ou déformée par les nouvelles orientations données à la CNTB ;
-  Les déplacés sont régulièrement menacés d’expulsion de leurs camps de refuge ou forcés à regagner leurs collines d’origine, par certaines autorités administratives ;
-  Une certaine tendance à vouloir exclure les déplacés des villages de paix en construction est en train d’être observée, alors que ceux-ci devraient servir de modèles d’habitat de cohabitation pacifique et de réconciliation nationale »
.

Voilà, pour l’Uprona, des raisons suffisantes pour exiger la démission du Président de la CNTB, même pour des fautes commises par certaines autorités administratives ou par ceux qui donnent des parcelles dans les villages de paix. Et c’est à partir de ce constat que le Prédécesseur de l’Hon. Charles Nditije, Niyoyankana Bonaventure, s’est permis de déclarer dans sa Conférence de Presse du 12 Avril 2012, sur un ton extrêmement méprisant, que le Président de la CNTB est un « virus », en concluant par un appel clair et direct au lynchage pur et simple :

« Vous auriez remarqué que le mal qui hante la CNTB et par conséquent la société burundaise tout entière réside dans la personne de Monseigneur Sérapion. Puisqu’il s’avère quasi impossible de retirer ce mal de son emballage pour le jeter hors de la société, il n’y a d’autres solutions que de le faire avec son emballage ».

A une autre occasion le même Niyoyankana s’est permis de traiter de psychopathe le Président de la CNTB, avant de lui suggérer une cure ad hoc chez un neuropsychiatre.

Voilà ce que nos détracteurs continuent de raconter jusque dans les grandes Chancelleries de ce monde qui, malheureusement leur prêtent une oreille attentive, et probablement aussi tombent dans leur piège et les croient.

Personnellement, j’en ai discuté avec beaucoup de personnes avisées, y compris avec des Diplomates étrangers établis à Bujumbura. J’en ai rencontré plusieurs qui, suite à un lobbying exercé instamment par ces marchands de mensonges, ne m’ont pas caché leur grande préoccupation quant au spectre brandi par l’Uprona, de l’imminence d’une guerre terrible, due au fait que la CNTB serait en train d’envoyer dans la rue et dans la nature des milliers d’occupants honnêtes, qui ne résisteraient pas au choc s’ils venaient à quitter la maison qu’ils ont habitée depuis quarante ans.

Pour ma part, j’ai essayé de leur démontrer noir sur blanc que cette guerre-là, celle que brandissent l’Uprona et les siens, n’est plus possible au Burundi, mais que moi j’en crains une autre plus terrible encore : celle des sinistrés et des laissés-pour-compte qui, après 40 ans d’injustices et de frustrations, se voient refuser aujourd’hui l’accès à leurs terres, à leurs maisons et à leurs biens.

Toutefois, je m’empresse de préciser que, même si elle est possible, cette deuxième guerre n’aura pas lieu, car, justement, la CNTB est en train de travailler pour que les sinistrés qui seraient tentés de la faire soient rétablis dans leurs droits de propriété.
Mais tout cela le Président de l’Uprona le sait très bien : il sait qu’aucune personne sensée ne pourra comprendre que des gens mettent le Burundi à feu et à sang parce que la CNTB lui demande de restituer un bien qui ne lui a jamais appartenu. Il sait pertinemment aussi que les seuls qui auraient raison de se révolter, ce sont ceux à qui leurs droits sont refusés.

Voilà pourquoi il devient impérieux pour nous de nous demander pourquoi il continue à dire et à confirmer que le travail de la CNTB mène nécessairement à la confrontation et à la guerre, alors que, l’évidence qui crève les yeux est le contraire.

En tout cas, à y voir de plus près, toute cette histoire d’une CNTB qui travaille tellement mal qu’elle risque de précipiter le pays tout entier dans les affres d’un autre cycle de violences ne tient pas debout, car la réalité sur terrain et les différents orateurs qui sont en train de passer devant vous disent le contraire. Car, l’Uprona et tous les autres qui accusent la CNTB de vouloir provoquer la catastrophe n’ont jamais fourni aucune preuve même fantaisiste de ce qu’ils avancent. Par contre, ils semblent exiger que ce soit la CNTB, accusée, qui donne les preuves de sa virginité morale, alors que conformément au Droit et à toute bonne logique, il appartient à celui qui affirme de prouver la véracité de ses affirmations.

Mr Charles Nditije vient de réclamer une enquête parlementaire, sans nous dire sur quoi elle doit porter exactement. Entre-temps, il feint d’oublier que comme parlementaire, il a le devoir de vérifier directement les faits sur terrain, là où la CNTB est à pied d’œuvre, sans nul besoin d’une Commission parlementaire d’enquête. Mais très probablement il a peur d’affronter tout seul son électorat qui, lui, sait qu’il est en train de dire le contraire de la vérité.

Dans tous les cas, nous le défions, et avec lui ceux de nos détracteurs ici présents, de démontrer, cas concrets à l’appui, le fondement des accusations qu’ils n’ont cessé de porter contre la CNTB. Par contre, nous sommes prêts à prouver séance tenante que nous avons une explication et une justification pour chaque décision que nous avons prise jusqu’ici, et nous avons la certitude qu’aucune d’entre elles ne pourra jamais justifier le recours à la violence ou le déclenchement d’une nouvelle guerre dans notre pays.

Si donc, comme affirment l’Uprona et ses fidèles, une nouvelle guerre est imminente, il leur revient de dire à la Nation qu’ils prétendent aimer, qui d’autre est en train de la préparer et contre qui elle est dirigée, puisque, de toute évidence, la CNTB n’en serait la cause ni lointaine, ni immédiate.

Voilà donc la mère de tous les défis auxquels la CNTB se trouve confrontée aujourd’hui : pour travailler en paix, elle a besoin de savoir la raison qui pousse l’Uprona et ses pairs à s’acharner contre elle, jusqu’à l’accuser de vouloir provoquer la guerre dans un pays qui n’a pas fini de panser les blessures de toutes les précédentes, alors que la majorité de la population sait et dit qu’elle travaille conformément à la loi.

Nous croyons quant à nous, que le pays tout entier et la Communauté Internationale toute, ont le droit de savoir pour quelle raison véritable quelques dizaines de citoyens et médias semblent avoir décidé de voir le sang et les machettes, là où des millions de burundais honnêtes, toutes ethnies confondues, vivent et travaillent tranquillement ensemble, sans heurts et sans haine.

Seule une réponse claire et nette à cette question consolidera effectivement la paix et la sérénité spécialement de ceux qui sont continuellement troublés par certaines déclarations malveillantes, et contribuera à une pacification durable de notre pays tout entier.

Je vous remercie.

Mgr Sérapion Bambonanire
Président de la CNTB