Actualité burundaise du 17 mai 2010

Actualité burundaise du 17 mai 2010

- Politique :

1. Le ministre de l’intérieur fustige le comportement de certains partis qui s’arrogent le droit de diviser le peuple sur fond ethnique. Pasteur HABIMANA, du parti FNL iragi rya Gahutu Remy, a demandé au peuple hutu de s’unir et de voter pour les hutu, CNDD-FDD, pour ne pas disperser les voix et ainsi rester au pouvoir. Le ministre Edouard NDUWIMANA a déclaré que la CENI devait se saisir de ce cas et punir Pasteur HABIMANA. Rappelons que le parti FNL iragi rya Gahutu s’est rallié au CNDD-FDD ; (Isanganiro, Bonesha FM)

2. A moins de 24 heures de la fin de la campagne électorale pour les communales, le ministère de l’intérieure dégage un constat positif de cette activité. Le ministre Edouard NDUWIMANA affirme être satisfait du respect par les partis politiques des directives données par ledit ministère. Cependant, il déplore quelques irrégularités dont des assassinats, des injures et des accidents de roulage ;

3. Début ce 17 mai de la distribution de la carte d’électeur. La population était peu nombreuse aux lieux d’enregistrement pour retirer ces cartes. Le ministre de l’intérieur interpelle la population à retirer cette carte car elle est l’unique document qui donne droit au vote ; (Radio Nationale, Bonesha FM, Rema FM)

4. A quatre jours des élections communales, les cartes d’électeurs ne sont pas encore disponibles en Mairie de Bujumbura. Très tôt ce 17 mai, la population était sur les bureaux de vote mais personne n’était là. Le commissaire à l’information au sein de la CENI tranquillise. Prosper NTAHOGWAMIYE indique que dans l’après midi du 17 mai ces cartes seront disponibles dans les bureaux d’inscription. En provinces de Gitega et Karuzi, la distribution des cartes d’électeurs avait déjà commencé mais les agents distribuant ces cartes étaient peu nombreux. La population attende des heures pour être servie ; (RPA, Isanganiro)

- Sécurité :

Trois personnes sont mortes dans la nuit du 16 mai en province de Muyinga. Deux de ces personnes, une femme et son mari, ont été tués par une grenade lancée dans leur chambre à coucher. La troisième victime, habitant la commune Gashoho, a été poignardée et ses assaillants lui ont coupé la langue avant de prendre le large ; (Isanganiro, Bonesha FM, Rema FM)

- Médias :

Florine MUKESHIMANA, journaliste à Radio Publique Africaine (RPA), est menacée sur téléphone par le chef du service des recettes au ministère des finances. Elle affirme avoir été séquestrée le 14 mai par Paul NDEREYIMANA dans son bureau. Ce dernier avait fixé rendez-vous à la journaliste pour se prononcer sur le rapport des plaques d’immatriculation, rapport établi par le même chef du service des recettes. Florine MUKESHIMANA affirme que Paul NDEREYIMANA l’a intimidée pour qu’elle révèle qui lui avait procuré ledit rapport, il lui a signifié qu’il pouvait la battre. Le président de l’Union burundaise des journalistes précise qu’un journaliste n’est pas tenu de révéler ses sources. Alexandre NIYUNGEKO s’insurge contre cette violation des droits à l’information. Notons que la direction générale des recettes indique être désolée de ce qui est arrivé à Florine MUKESHIMANA. La question sera résolue administrativement dans moins de deux semaines après enquêtes, indique la direction des recettes ; (RPA, Bonesha FM)

- Santé :

Les habitants du village de paix de Mutambara en commune Rumonge de la province de Bururi sont menacés d’insalubrité suite à la consommation des eaux polluées par des déchets humains des rivières Siguvyaye et Murembwe . L’association des amis de la nature exhorte la population à bouillir l’eau avant de la consommer ; (Radio Nationale, Bonesha FM)

- Economie :

Lancement ce 17 mai du processus d’élaboration du programme d’investissement public 2011-2013, ce programme est le reflet des différents ministères et institutions. Le directeur général au ministère du plan indique que ce programme devrait s’inspirer de la vision 2025 qui s’avère d’une importance capitale pour le gouvernement et la société civile ; (Radio Nationale, Bonesha FM)

- Coopération :

Remise des médailles au 3ème groupe de militaires burundais qui viennent d’effectuer une mission de maintien de la paix en Somalie. Les cérémonies se sont déroulées ce 17 mai au camp Gakumbu sous la supervision du ministre de la défense nationale et des anciens combattants. Le lieutenant général Germain NIYOYANKANA a remercié ces militaires du travail effectué. Il a en outre redéfini avec l’Union africaine le mandat de ces troupes. (Radio Nationale, Rema FM)

Bonesha FM (96.8 FM)

- Politique :

1. Après que Pasteur HABIMANA, en commune Rumonge, ait appelé tous les Hutu à voter pour le CNDD-FDD afin que les hutu restent au pouvoir, le parti Sahwanya Frodebu précise que Pasteur HABIMANA n’a été mandaté par aucun Hutu. Le parti CNDD-FDD affirme également que son parti n’a pas mandaté Pasteur HABIMANA pour parler à son compte. Le parti Uprona, quant à lui, trouve qu’il a perdu la boussole ;

2. La distribution des cartes d’électeurs a débuté avec d’énormes difficultés en province de Bubanza. Beaucoup de personnes ne se sont pas retrouvées sur les listes définitives.

Radio Nationale (92.9 FM)

- Politique :

1. La gratuité de l’enseignement jusqu’à l’école secondaire, le transfert de la capitale à l’intérieur du pays ainsi que donner la priorité au secteur agropastoral figurent dans les projets du parti FNL. Ce parti faisait un meeting ce 16 mai en province de Kirundo ;

- Sécurité :

Recrudescence du banditisme en Mairie de Bujumbura. Des cas de vol sont signalés dans différentes communes de la capitale, un banditisme qui se manifeste sous plusieurs formes. Ses bandits trouent les murs, d’autres sont armés de grenades. Les vols les plus récents ont été perpétrés dans des alimentations et supermarchés, les bandits armés habillés en costumes accompagnés de leur garde profitent du moment de régler les factures pour commettre leurs forfaits. Notons que ces vols se perpétuent alors que la période de remise des armes détenues illégalement a pris fin.

RPA (93.7 FM)

- Editorial :

La dernière cascade des assassinats ciblés pour des raisons politiques, selon les différents partis qui s’approprient leurs victimes en héros, contre l’intolérance nous interpelle. D’une part car, tout être humain qui meurt surtout victime de la violence nous rappelle notre devoir de solidarité et de témoignage pour le familles éprouvées, les amis, les voisins et tous les citoyens épris de bonne volonté. Nous appartenons également à la grande famille des humains, celle de la communauté internationale, auteur de la déclaration des droits de l’homme dont le plus fondamental est celui de la vie. D’autre part, il s’agit ici d’interpeller le gouvernement et le chef de l’Etat singulièrement, à prendre position sur ces crimes malheureusement occultées à ce moment critique, en pleine période électorale. Le président de la République nous a fait la promesse que tout sera mis en ordre pour que les élections se passent dans un climat apaisé. Hélas, les récents assassinats et d’autres victimes dont les partis de l’opposition revendiquent la paternité, en plus d’une liste macabre qui les a précédée et qui risque de s’allonger viennent dire le contraire. Pour nous, peu importe leur provenance, « la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie ». Nous aurions tant aimé entendre une consolation, un encouragement de la part du gouvernement, du président de la République, du ministre de la sécurité publique, de la direction générale de la police, ne fut ce qu’un geste du ministre des droits humains à l’égard des familles éprouvées, hélas en vain. Au contraire, même les organisations de la société civile qui s’impliquent dans la dénonciation de ces cas sont vilipendées et traitées de tous les noms, si on se réfère à la dernière déclaration du porte-parole du gouvernement. Entre-temps, le climat d’insécurité s’alourdit, à Rumonge, le lac rejette sur les rives des cadavres non identifiés. Aucun effort n’est fait pour endiguer cette spirale de la violence et nous dire qui est mort, qui l’a tué et pourquoi. Depuis lors, le gouvernement n’a sorti aucun message, la course au fauteuil de Maire, de chef de l’Etat ou de parlementaire n’explique pas tout. Nous le répétons, « rien ne vaut la vie. » Mais, qui sont finalement les comptables de la sécurité de la personne sur le territoire ? 1° le chef de l’Etat, 2° le ministre de la sécurité publique, 3° le directeur général de la police nationale. Dans l’urgence, ces hautes autorités se doivent de se prononcer sur ces cas tragiques, sécuriser en général la population et en particulier, consoler les familles éprouvées. Un message est attendu pour que véritablement la population ne se sente pas le dindon de la farce électorale quand les mandataires, les élus, sont plus concernés par la course au pouvoir que la vie des gens. Une urgence pour que le processus électoral aboutisse sur fondement d’une sécurité déployée pour tous ;

- Politique :

1. Six partis politiques oeuvrant en province de Kayanza demandent au président de la commission électorale provinciale de radier Senel NDUWIMANA de la liste des candidats aux communales à Butaganzwa. Ces partis indiquent que le gouverneur de Kayanza est toujours poursuivi dans le dossier sur l’assassinat de Salvator NSABIRIHO ;

2. Le parti Uprona dénonce les actes d’intolérance politique dont sont victimes leurs partisans. Le cas le plus récent est celui d’un membre de ce parti blessé à la machette à Gasanda en commune et province de Bururi ;

3. le parti UPD a indiqué ce 16 mai en commune Nyabihanga que la destitution des 22 députés de l’assemblée nationale a été une grave humiliation organisée par le pouvoir en place contre le peuple burundais ;

- Education :

Les étudiants de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) viennent de passer six jours en grève, ils réclament leur bourse du mois d’avril. Ces étudiants expliquent qu’ils n’ont pas d’argent pour se nourrir et certains ont même été chassés pour n’avoir pas payé le loyer. Le chef administratif et financier de l’ENS promet que cette bourse va être disponible l’après midi du 17 mai ou le 18 mai au plus tard ;

- VIH/Sida :

Les associations de lutte contre le VIH/Sida s’indignent de la non utilisation des appareils d’analyse de la charge virale pourtant disponibles dans les stocks depuis une année. Jeanne GAPIYA, représentante de l’ANSS, déplore que les malades de la phase critique soient oubliés n’ayant pas d’anti rétroviraux. Ces déclarations ont été faites le 16 mai lors de la commémoration des victimes emportées par cette pandémie ;

- Agriculture : Le projet du président Pierre NKURUNZIZA de planter des avocatiers n’a pas du tout réussi. Les spécialistes en agriculture jettent le tort aux directions provinciales de l’agriculture qui ne les ont pas entretenus.

Isanganiro (89.7 FM)

- Sécurité :

1. Deux personnes ont été tuées dans la nuit du 16 mai pour des raisons politiques en province de Bujumbura rural. Le président de la commission électoral provinciale, Abée Déo NITUNGA, exhorte la population de la province de Bujumbura à ne pas céder à la panique et à dénoncer tout malfaiteur ;

2. Six militants du parti FNL ont été arrêtés ce 16 mai après une bagarre qui les a opposée aux membres du CNDD-FDD en commune Muhanga de la province de Kayanza. Cependant, les partisans du CNDD-FDD avec qui ils se sont bagarrés sont libres. Le président de la commission électorale provinciale de Kayanza affirme que la place au sujet de laquelle ils se sont battus avait été attribuée aux FNL. Abée Charles GIRIKWISHAKA promet de faire libérer ces FNL ;

- Politique :

1. A la veille de la clôture de la campagne électorale pour les communales, la commune Rumonge de la province de Bururi a accueilli Pierre NKURUNZIZA, candidat du CNDD-FDD, Pascaline KAMPAYANO, candidat de l’UPD et Dr Yves SAHINGUVU, candidat de l’Uprona. La commune Rumonge a été ciblée parce qu’elle a un grand électorat par rapport aux autres communes de Bururi ;

2. Le président du forum de dialogue entre partis politiques appelle au respect mutuel au moment où s’observe une intolérance politique. Melchiade NZOPFABARUSHE rappelle qu’à la veille de la campagne électorale les partis politiques s’étaient engagés au respect du code de conduite durant les élections.

Rema FM (88.6 FM)

- Sécurité- politique :

Dans certains coins du pays, il y régnait ce 16 mai une peur panique, la population avait appris que le MSD et le FNL comptaient larguer des grenades dans le but de perturber le processus électoral. Une réunion de préparation de ces actes de sabotage aurait été tenue en province de Cibitoke par certains membres du FNL et du MSD. La radio Rema FM indique avoir des informations provenant de la direction du MSD qui précise que Alexis SINDUHIJE peut se réfugier à tout moment dans une des ambassades accréditées à Bujumbura pour accuser le pouvoir en place de séquestrer les politiques en compétition électorale. Néanmoins, le ministère de l’intérieur tranquillise. Personne ne sera inquiétée parce qu’elle mène une campagne électorale. Tout politique désirant une garde, de quelle taille qu’elle soit, en aura, dit le ministère de l’intérieur ; ;

- Politique :

A l’approche des élections du 21 mai, certains politiques disent que ces élections risquent de se dérouler dans une insécurité généralisée. Anatole BACANAMWO, secrétaire général du parti FNL Iragi rya Gahutu, lui, est confiant. Il affirme être serein et explique que cette peur est une psychose longtemps entretenue par certains politiques. Il réagissait après que le vice président du parti FNL ait dévoilé un plan de liquidation de certains leaders de son parti ;

- Sécurité :

Une personne de la commune Mubimbi a été assassinée, poignardée la nuit du 16 mai. Des sources locales et officielles affirment que la victime a été tuée après des menaces proférées à son endroit pour avoir quitté le parti FNL. Il avait adhéré au CNDD-FDD.

Alexandre NIYUNGEKO